A un mois de mon retour en France et à une semaine de partir au Népal donner des cours d’informatiques à des enfants, pour changer un peu d’air, j’ai décidé de me rendre à Rishikesh, ville sainte aux sources du Gange au pied de l’Himalaya dans laquelle je m’étais déjà rendue pour faire du rafting.
Retour sur un weekend au cœur de l’hindouisme.
La décision d’y partir ayant un peu été prise sur un coup de tête, nous n’avons pas pu réserver de billets de train. Cependant, ce que j’adore en Inde est que l’on peut partir où on veut quand on veut on trouvera toujours un bus pour s’y rendre. Vendredi soir nous nous sommes donc rendus (Romain, Charles et ma future nouvelle colloc Sylvianne) à la station de bus Kashemir Gate au Nord de Delhi en espérant trouver un bus. La station grouillant de monde, de bus partant dans toutes les directions et surtout d’énormément de rabatteurs qui, nous voyant arriver, essayaient tous de nous attirer dans leur bus.
Nous étions donc un peu perdu et avons suivi celui qui nous semblait le plus honnête et pour 280Rs nous avons pris le bus couchette qui nous a amené à Rishikesk en un peu plus de 7 heures.
Bon le bus était bien sale, sur-booker (Romain et moi avons du partager notre unique couchette avec un indien) et sentait un peu de la chaussette mais bon on aura au moins testé le bus couchette indien une fois dans notre vie.
Arrivés à Rishikesh à 7h du matin, après un petit Dej’ copieux et ayant promis à mes amis un bain dans l’eau turquoise du Gange, sur une crique dans la nature, je les ai fait marcher des kilomètres dans la montagne pour trouver l’endroit parfait….
Je n’ai pas pu tenir mes promesses et il s’est avéré que le Gange est loin d’être turquoise à cette période de l’année, la fonte des neiges et la mousson remuant ses eaux et le rendant un peu boueux, tampi pour l’image de carte postale.
Conseillé par un sympathique Sadhu, nous avons fini par trouver notre bout de paradis, une plage de sable presque blanc au bord du Gange avec comme seuls voisins quelques Sadhus priant et lavant leurs dreadclocks.


Nous avons suivi leur exemple et nous sommes baignés dans le Gange pour nous décrasser un peu avant de profiter du calme de ce petit coin de paradis.
Calme qui fût un peu perturbé par une bande… de singes. Un grand moment, j’ai pu réaliser un rêve d’enfance et jouer au primatologue partie à des milliers de kilomètres observer la nature à l’état sauvage. Enfin j’avoue qu’on aurait pu se demander qui observait qui.
Charles s’est ensuite bien amusé à faire un concours de grimaces avec eux, c’était vraiment très drôles, ils ont exactement les mêmes mimiques et reproduisaient ses grimaces.

La bande nous encerclant et communiquant clairement nous avions l’impression qu’elle préparait un sale coup. Un singe ayant montré quelques signes d’agressivité en réponse à une de mes grimasses, cela a sonné le glas de notre matinée passée à se dorer la pilule au soleil nous avons décidé de partir avant de nous faire dépouiller.
Nous sommes ensuite repartis en ville afin de s’imprégner de l’atmosphère spirituelle y régnant. Elle est essentiellement peuplée de Sadhus et autres pèlerins venus se purifier dans le Gange et pour beaucoup venus célébrer la puissance de Shiva.


L’ambiance y est donc très zen, d’autant plus que la ville est définie comme la capitale mondiale du Yoga, les Beatles en étaient même fan et les cendres de Georges Harrison y ont été répandues.
Nombreux sont les touristes venus là pour prendre des cours avec de grands babas. Parmi eux énormément de Français, c’est complètement fou d’entendre parler le français plus que toute autre langue à tous les recoins de cette petite ville du bout du monde.

Nous avons ensuite visité un étrange temple constitué de nombreux étages avec à chaque étage une bonne vingtaine de petites pièces remplie de statues de divinités et de cloches à faire sonner pour signifier sa présence au dieu. Le but du « jeu » est donc de monter tout en haut de celui-ci en passant dire bonjour à toutes les divinités.
Pour nous, cela s’est limité à regarder les jolie statues et à contempler la vue sur le Gange et les collines.

Malheureusement le spectacle fut gâché. D’en haut de notre temple nous prenions les pèlerins se purifiant dans le Gange en photo et avons assisté à la noyade de l’un d’entre eux, je passe sur les détails mais comme personne ne sait nager ici, qu’il n’y a pas de pompiers en zodiac près à aller secourir les gens et que seul un long morceau de tissu et là pour que les gens s’y agrippent le drame s’est produit et cela doit malheureusement arriver assez souvent…
Les jambes fatiguées de nos kilomètres de marches nous nous sommes posés sur des marches le long du Gange pour observer la cérémonie des lumières à la tombée de la nuit. Comme j’avais pu l’observer à Haridwar il y a quelques mois, les pèlerins posent une feuille servant d’embarcation à une bougie et à des fleurs sur le fleuve le plus sacré d’Inde.

Tout les quatre assis, là, le long du fleuve nous avons été la cible de paparazzis, je n’ai pas compté le nombre de fois où des indiens sont venus vers nous, nous demandant s’ils pouvaient nous prendre en photo…
J’en ai l’habitude mais là je crois que j’ai explosé mon record de photos avec des inconnus dans la même journée, c’est lourd un peu à la fin. En six mois en Inde je dois être dans des dizaines et dizaines d’album photos !

Notre journée c’est terminée au resto avec une finlandaise très sympa rencontrée par hasard avant d’aller nous poser à l’hôtel (Le Ganga View, 3€ la nuit en chambre double, avec un accueil très sympa à la clef).
Le lendemain midi, c’est sous la mousson que nous avons repris le bus pour pour Delhi pour seulement 150Rs.






voilà encore un week-end riche en rencontres (en tous genres : Sadhus sympa et singes moins sympa
) avec malheureusement la découverte de ce que la ferveur religieuse peut entrainer