Helene Colpin en Inde!!

Catégorie ‘Le sous continent’


Rappel du contexte du voyage :
J’ai suivi les étudiants de mon école d’ingénieur membres de l’association « 5 sommets 5 continents » au Ladakh afin de participer à des missions de solidarité dans des villages touchés par les graves inondations de 2010. Après 4 jours de route à partir de Delhi nous arrivions à Leh.

Déjà lors de mon premier voyage en Inde j’avais du mal à me dire que ce pays se trouvait sur la même planète que le mien. Comment la vie peut-elle être si différente à juste 6000 kilomètres ? Comment peut-on en 8h d’avion se retrouver dans un endroit dans lequel les valeurs sont si différentes et nos repères chamboulés ?
Pour répondre à cette question, la philosophe que je ne suis pas, ne peut s’empêcher de citer Kant dont l’énoncé « Plusieurs mondes actuels en rapport d’extériorité réciproque ne sont pas impossibles en vertu de leur concept même» s’applique très bien à mon ressenti de voyageuse en Inde.

En tous cas, quoi qu’en pense Kant, au bout de 4 jours de route dans un nomansland ces questions trouvent d’elles même des éléments de réponse. Passant de la mega-megalopole qu’est Delhi au villes et villages indiens de moindre taille puis s’enfonçant dans les vallées himalayennes presque vierges et leurs hauts-plateaux, ce trajet peut être considéré comme une zone tampon dans laquelle on oublie un peu d’où on vient, où l’on peut s’adapter, non pas seulement aux conditions géographiques, mais aussi et surtout aux conditions culturelles. Il permet de se préparer à découvrir un autre monde et au fait d’être totalement déconnecté.

Arrivé dans la vallée de Leh, on a l’impression d’atterrir dans un royaume imaginaire incroyablement paisible.
Malgré le fait que nous arrivions de nuit j’avais déjà la sensation que cette région n’était comparable à aucun endroit que j’avais déjà pu voir.
L’inde est un pays composé d’une multitude d’états et d’encore plus de peuples aux cultures particulières mais parmi les régions que j’avais pu déjà visiter je n’avais jamais eu cette impression de changer de pays. Je n’avais plus l’impression d’être en Inde, mais celle d’avoir franchi une frontière culturelle, dont les nombreux cols franchis faisaient offices de checkpoints naturelle.
J’étais doublement dépaysée. Dépaysée par le fait d’être en Inde et dépaysée par le fait d’entrer à nouveau dans un territoire bien particulier. Pourtant je n’avais pas encore fait l’expérience du mode de vie Ladakhi et n’en avait qu’aperçu les contours.
Il ne m’avait été jusqu’alors possible que de distinguer le bord des routes, les hameaux à l’architecture Tibétaine, les habitations qui parfois éclairées de l’intérieur nous laissaient entrevoir un petit bout de vie des familles Ladakhies.
Les paysages nocturnes étaient eux marqués par la vision des stupas d’une blancheur éclatante révélée par clair de lune.

Cela va peut être vous sembler bizarre mais ce qui m’a le plus marqué en arrivant, était le fait que les routes soient bordées de murets et d’arbres rigoureusement alignés !
Alors que dans l’Inde que je connais, les routes, quand on peut appeler ça des routes, qui traversent les villes sont plutôt anarchiques, les murets sont remplacés par les déchets et les arbres par des poteaux électriques desquels tombent des dizaines de câbles tels des drapeaux à prières.
Mais le meilleur restait à venir, le lendemain quand le soleil lèverait le voile sur ce petit monde délimité par d’immenses montagnes.

Le lendemain matin, sous un ciel bleu les paysages et l’urbanisme Ladakhi s’offraient donc à nous.
La découverte du centre de Leh rappelait, dans une moindre mesure, l’anarchie indienne, particulièrement en raison des ruines encore visibles suite à la terrible inondation de 2010 (celle qui en quelque sorte m’a amené ici), mais aussi en raison du fait qu’on y retrouve les mêmes opérateurs téléphoniques qu’à Delhi, les mêmes banques, les mêmes boutiques attrape-touristes. Mais quitté le centre ville on se retrouve tout de suite dans « un village » fait de ruelles extrêmement calmes et dont les toits des maisons sont recouverts des provisions de fourrage pour l’hiver, on peut y croiser de vieux Ladakhis déboulant tout droit d’un autre temps.

ruelles Leh Ladakh
Ruelles de Leh

Leh Ladakh

Leh Ladakh

Sorti de ces étroites ruelles on peut apercevoir la verdure des champs et si on lève un peu plus les yeux, le désert, les montagnes et la neige à leur sommet.

montagne desert Leh Ladakh
L’horizon de Leh

Forteresse de Leh
Le Dzong de Leh

Et croyez-moi, tout ça pour une seule paire d’yeux ça fait beaucoup !!

Ecrit le 31 octobre 2011 par helene  |  2 commentaires »

Rappel du contexte du voyage :
J’ai suivi les étudiants de mon école d’ingénieur membres de l’association « 5 sommets 5 continents » au Ladakh afin de participer à des missions de solidarité dans des villages touchés par les graves inondations de 2010. Nous étions en route pour Leh après déjà 3 jours de route

La dernière étape de notre voyage et non la moindre nous mena donc de Darsha à Leh, capitale du Ladakh.
Cette étape était censée débuter 30 kilomètres plus loin à Sarchu mais suite à nos ennuis mécaniques c’est plus au Sud que nous avions terminé notre avant dernière étape, à Darsha. Après une bonne nuit de sommeil dans notre cabane en tôle nous étions tous à peu près réveillés avant 6h du matin, pressés de repartir sachant qu’une longue, longue journée de route nous attendait.

Darsha
Darsha

La panne que nous avions subit n’étant pas réparable sur place et ayant perdu le peu de confiance que nous avions déjà en en les bus indiens nous avons troqué notre bus contre cinq jeeps. Bien sûr Darsha étant un minuscule village il ne disposait pas d’un service de taxi-jeep disponible immédiatement sur demande… les jeeps les plus proches pouvant venir nous récupérer étaient basées à Manali… oui Manali la ville que nous avions quitté plus de 24h plus tôt et qui était à environ 12H de route de là si mes souvenirs sont bons. Jampa, notre accompagnateur, a donc de nouveau fait appel à un ami. Il s’agissait cette fois de Dorjee, la personne s’étant chargée de l’organisation du périple. Dorjee nous a alors dégoté les véhicules et surtout leurs conducteurs. Ces derniers, capables de résister tels des sur-hommes à la fatigues et ayant l’expérience de cette route ont relevé le défis consistant à conduire près de 24h d’affiler pour pour amener à Leh.
Vous me direz, “pourquoi ne pas être raisonnable et prévoir une étape supplémentaire ?”. Cette possibilité était difficilement envisageable étant donnée que nous allions traverser un no-mans land et que nous n’étions pas équipés pour camper.
Les jeeps étant parties de Manali à 21h la veille elles n’étaient évidemment pas arrivées à notre réveil.
Nous avons donc patienté en bouquinant, en nous nourrissant de chappattis à la confiture et de milk-tea. Nous avons également profité du calme et du levé du soleil dont les premiers rayons se frayaient un chemin entre les sommets environnants.

Réveil à Darsha
Réveil à Darsha

Régulièrement nos regards se tournaient vers la route que nous pouvions observer sur les crêtes nous entourant, à l’affût, espérant voir arriver notre convoi de jeep. Mais durant 3 heures seuls quelques camions passaient de temps à autres, remuant la poussière, klaxonnant pour prévenir de leur arrivée et gâchant par conséquent un peu le sentiment de plénitude que pouvait nous apporter de tels paysages.

C’est vers 9h que les jeeps sont enfin arrivées, nos affaires étaient prêtes depuis longtemps à être chargées dans les coffres et sur les toits. Nous étions rassurés de voir arriver des jeeps dans un très bon état se qui remontât la côte de confiance des moyens de transport indiens. Nos chauffeurs fatigués se sont néanmoins accordés une petite pause pour manger un peu et se reposer des 12h de trajet qu’ils avaient déjà parcouru.
Une heure plus tard, confortablement installés, aux rythmes de la compilation de musique Ladakhi de notre chauffeur, nous démarions pour la journée qui allait être la plus longue mais aussi la plus splendide du trajet car cette fois ci nous allions entrer au Ladakh pour de bon.

Réveil à Darsha
Nos jeeps

Nous laissions alors notre bus, son chauffeur et son assistant à Darsha sachant qu’ils seraient certainement bloqués là pour plusieurs jours, au moins, le temps qu’un mécano compétent et possédant les pièces nécessaires puisse les débloquer.

Après quelques dizaines de kilomètres de route nous entrions au Ladakh. Les paysages vierges étaient incroyables pour moi qui les avais rêvés à la lecture de livres et magazines.
Nous passions de plaines désertiques à des paysages presque volcaniques, roulants dans des ruisseaux et parfois à côté de bloc de glaces dont le réchauffement climatique n’était pas encore venu à bout.

Réveil à Darsha
Nos jeeps

Nous avons fait très peu de pause ce jour là afin de ne rouler le moins possible de nuit sur ces routes étant à mille lieux de tout éclairage public.

Réveil à Darsha
La pause du matin

Nous n’avons presque croisé personne de la journée, avons vu au loin un ou deux village tout au plus, la région semblait n’avoir jamais été habitée si ce n’est par les ibex et les kiangs que nous avons eu la chance d’observer à l’état sauvage.

Réveil à Darsha

C’est seulement après Sarchu, que nous nous sommes arrêtés pour déjeuner et pour avoir nos premiers contacts avec les populations Ladakhis.

Réveil à Darsha
Femmes Ladakhies

Nous avons déjeuné dans une espèce de Yourte tenue par deux femmes proposant des repas aux routiers. Cette pause fût appréciée, fatigue, forte chaleur, mal de l’altitude, se lisaient sur les traits de chacun. A noter tout de même, que pour la première fois de ma vie je tirais la langue par politesse . Pour les populations Tibétaine tirer la langue permet de dire bonjour et de remercier, cela provient de la légende selon laquelle les démons ont la langue bleue, tirer la langue permet donc de montrer pate blanche… attention aux amateurs de stroumphes ou autre sucreries colorants la langue ça serait dommage de commencer (et finir) ses vacances sur un bûché.
Bref, nous avons repris la route peu après l’arrivé d’un bus de femmes Ladakhies somptueusement vêtues de tenues traditionnelles se rendant dans un monastère du côté de Leh.

Cet après-midi là, encore plus que jusque là les paysages incroyables se sont enchainées, des pentes abruptes aux vastes pleines, observant les sculptures d’un artiste nommé « érosion » et passant des cols toisant le Mont Blanc.

Réveil à Darsha

Réveil à Darsha
Ascension

Réveil à Darsha
Lachulung La

La fatigue et oserais-dire la lassitude (je parle ici du raz-le-bol d’être balloté dans tous les sens depuis 4 jours et pas du fait que nous soyons blazés des paysages car il est impossible de l’être) se sont installées chez la plus part d’entre nous à l’entrée d’une gigantesque pleine que l’on pensait infinie.
Nous avons traversé cette plaine à plus de 4000m d’altitude durant deux heures je pense ce qui nous a permis de profiter de l’un des plus beau couché de soleil qu’il soit donné de voir. Les montagnes rocailleuses sont alors passées du beige à l’orange puis au rouge.

Réveil à Darsha

Réveil à Darsha

A la sortie de cette plaine nous avions tous les yeux tournés vers le ciel se faisant de plus en plus sombre et vers le prochain col qui nous devions passer, Takhlang-la (« la » signifiant col )à 5300m d’altitude. Nous espérions passer ce col en même temps que les derniers rayons du soleil mais la course était inéluctablement perdue et c’est dans la nuit noire, la lune se reflétant sur les dernières neiges que nous avons franchi ce dernier.
La redescente du col se fit donc dans l’obscurité la plus profonde, on n’arrivait plus à discerner le bord de la route, ce qui n’était pas vraiment rassurant étant donné que nos chauffeurs étaient exténués de leur journée de route. Mais on pouvait véritablement faire confiance en leur vigilance et endurance, ils avaient l’habitude de cette route au point d’en connaitre l’emplacement de chacun des nids de poules.
A environ une heure de Leh, nous traversions nos premiers villages Ladakhis et reprenions espoir d’arriver à Leh avant d’être morts de fatigue. Mais c’était sans compter sur l’imprévisible dame nature qui provoqua un éboulement qui nous bloqua de longues minutes car encore une fois il fallut négocier le passage avec un camion arrivant en contre sens.
Mais tout fini toujours bien en Inde et nous avons finalement pu arriver à Leh vers minuit.

Ecrit le 29 octobre 2011 par helene  |  3 commentaires »

Rappel du contexte du voyage :
J’ai suivi les étudiants de mon école d’ingénieur membres de l’association « 5 sommets 5 continents » au Ladakh afin de participer à des missions de solidarité dans des villages touchés par les graves inondations de 2010. Nous étions en route pour Leh

Comme je l’indiquai dans mon précédemment post c’est à partir du troisième jour de voyage que nous allions emprunter LA route qui nous faisait à la fois rêver et trembler, la fameuse Manali-Leh highway, seconde route carrossable plus haute du monde sur laquelle nous allions franchir plusieurs cols dépassant ou approchant les 5000m.
Cependant, à 4h du matin ce mardi, le suspens était à son comble. En raison des travaux hebdomadaires sur la route visant à dégager les pierres éboulées, la boue accumulée suite aux chutes de pluie de la mousson, la route était fermée à la circulation à partir de Manali.
Notre seule chance de passer était d’être les premiers à vouloir corrompre les militaires barrant le passage.
Arrivés au premier checkpoint après quelques minutes de bus nous avons attendu de très très longues minutes que notre guide, Jampa, négocie notre passage. Dehors il pleuvait à verse et intérieurement ma conscience me disait que de nuit et par ce temps mieux valait peut être ne pas tenter ce périlleux tour de montagnes russes. J’avais en tête la route étroite que j’avais parcouru deux ans auparavant pour aller faire de la luge avec mes collègues, le fait que je n’osais pas regarder par la fenêtre tant le précipice était proche et le souvenir des carcasses de véhicules tombés à des centaines de mètres en contrebas.
Mais si, c’était le jour J, et Jampa, avait réussi avec quelques roupies et le joker appel à un ami (à Kenrab notre partenaire responsable d’un parc national), à nous faire franchir ce premier checkpoint.
L’avantage de partir si tôt et le mardi était que nous n’allions croiser presque personne sur la route ce qui limiterait dépassements et croisements hasardeux.
Comme nous avions fait le début de la route de nuit j’ai presque réussi à faire abstraction de son étroitesse et de ses dangers, mais le jour se lève tôt en Inde et vers 6h dans la brume nous serrions les dents à chaque virage en épingle, espérant que la mécanique du bus n’était pas dans un si piteuse état que son aspect extérieur le laissait penser. Mais après quelques heures de route nous passâmes les 4000m de Rothang pass sans problème.
J’ai souri intérieurement en regardant la pente que j’avais dévalée deux ans plus tôt en mode luge-humaine terminant ma descente le pantalon arraché Bref, retournons à nos ibex.

Après un second checkpoint et un nouveau pot de vin nous étions autorisés à nous lancer une fois pour toutes sur la route, c’était là l’occasion de comprendre comment fonctionne la société indienne grâce à la corruption, sujet qui ferait la une des médias du monde entier deux semaines plus tard grâce au militant Anna Hazare.
A cette saison la neige avait fondu et laissait place à une patinoire de boue, nous avions pris de l’altitude et pouvions observer les montagnes au dessus de la brume et des nuages bas.

Rothang Pass helene colpin
Rothang Pass

Un peu comme dans Duel, nous avons assisté à une bataille de poids lourds entre notre bus et un camion refusant de nous laisser passer. Nous avons finalement gagné et avons pu poursuivre notre route.

Rothang Pass helene colpin
DUEL

Depuis que nous avions quitté Manali la nature se faisait de plus en plus sauvage et vierge, nous ne croisions que quelques rares villages. Bizarrement la route devenait de plus en plus carrossable et les nids de poules moins abondants, ce qui soulageait mon bras gauche qui, a force de rebondir contre la paroi du bus, était plein de bleus.

Rothang Pass helene colpin

Le premier ennui mécanique de la journée, un caillou coincé entre les pneus, fut l’occasion de nous dégourdir les jambes avant notre pause déjeuné à Darsha.

Rothang Pass helene colpin

A Darsha nous étions presque au Ladakh, à plusieurs dizaines de kilomètres des prochaines zones habitées. Nous avons mangé dans un « refuge » (terme pas tout à fait choisi au hasard, vous comprendre pourquoi plus tard) de routier fait de tôle et de bâches tenu par une famille Ladakhi.
C’est le ventre bien rempli et réhydraté par le classique milk-tea nous avons repris la route.
Nous n’étions cependant pas très confiants quant à la suite du voyage, le moteur du bus nous inquiétant un peu. Après quelques kilomètres notre bus peinait sur le moindres faux plat, les montées étaient presque devenues impossibles, ce qui est fâcheu quand on fait de la haute montagne. L’assistant du chauffeur passait son temps à trifouiller dans le moteur pour nous permettre d’avancer. Les indiens ne s’avouant jamais vaincus nous avons tant bien que mal continué notre chemin avant de nous arrêter afin de réparer ce fichu bus qui fumais noir de chez noir. J’en ai profité pour faire une première petite balade himalayenne, pour la première fois je ressentais vraiment les effets de l’altitude : l’essoufflement au moindres petit effort.

Rothang Pass helene colpin

Le bus fumant un peu moins noir, un peu seulement, nous avons repris la route. Mais quelques kilomètres plus loin, le bus n’avançait plus le moins du monde. La situation nous semblait alors presque désespérée. Nous étions au milieu de rien, à 30 kilomètres de Sarchu, là où nous devions camper et à une vingtaine de l’endroit où nous avions déjeuné, ça peut semblait peu mais pas là au milieu de l’immensité immense quand aucun autre véhicule ne passait (bin oui la route était officiellement fermée) et quand les téléphones portable sont bien loin des dernières antennes relais. Arrêté sur une mini base militaire nous avions l’espoir de pouvoir utiliser un téléphone satellitaires de l’armé pour appeler des renforts, mais cette base fantôme sur lesquels seuls 2 ou 3 militaires étaient présents, eux même sans moyen de locomotion (l’un des militaires à d’ailleurs fait un bout de chemin avec nous en stop un peu plus tôt dans la journée avant de se rendre compte de l’état du bus et de sauter dans le premier camion passant) ne possédait pas le moindre moyen de communication.
La nuit n’allait pas tarder à tomber, il faisait froid et il fallait trouver une solution :
- passer la nuit dans le bus et attendre l’éventuel passage d’un véhicule avec à son bord super-mécano ;
- tenter de faire demi-tour, la pente étant descendante sur la majeur partie du chemin nous ramenant à Darsha nous avions peut être une chance d’arriver à destination avant la nuit.
La deuxième solution fût privilégiée. Le bus roulait au pas et tout le monde retenait son souffle. Le silence était presque pesant, il n’y eu pas un mot durant la grosse heure qu’il nous a fallu pour faire 10km. C’est soulagé de ne pas passer la nuit dans le bus que nous avons atteint Darsha et avons retrouvé la famille nous ayant servi notre repas du midi. Ces derniers devaient être ravis de retrouver un groupe de 20 personnes à nourrir mais aussi à loger, car les banquettes sur lesquelles nous avions mangé allaient nous servir de lits cette nuit là, fini les hôtels de luxe tels qu’on les avait connu à Nalagarh et Manali, nous passerions notre première nuit dans l’Inde que j’aime celle de l’imprévu.

Rothang Pass helene colpin
Dortoir improvisé

Etant donné que nous étions restés mués tout le trajet, le débriefing organisé ce soir là fût donc d’une importance capitale afin que chacun puisse s’exprimer sur la façon dont il avait vécu cette journée, ses angoisses, ses coups de gueule… De façon inattendue personne ne s’est plaint, pour certains c’était même la meilleure journée passée depuis le début du voyage, la vrai aventure comme ils l’attendaient et au final nous étions tous heureux de passer la soirée ensemble à dormir dans le même dortoir de fortune et de mon côté j’étais ravie de retrouver l’Inde et ses galères !

Ecrit le 16 octobre 2011 par helene  |  Pas de commentaires »

Rappel du contexte du voyage :
J’ai suivi les étudiants de mon école d’ingénieur membres de l’association « 5 sommets 5 continents » au Ladakh afin de participer à des missions de solidarité dans des villages touchés par les graves inondations de 2010. Partis de Delhi deux jours plus tôt nous étions en route pour Leh

La première soirée passée à Nalagarh à permi à l’ensemble du groupe de faire connaissance.
Le groupe dont je faisais parti était composé de vingt personnes ayant comme point commun : l’ENSI de Bourges.
Une dizaine d’étudiants, initiateurs du voyage et meneurs du projet avaient convaincu l’autre dizaine, composée d’anciens étudiants et de membres du personnel de l’école de les suivre au Ladakh.
Après un excellent et copieux repas nous nous sommes regroupés en terrasse afin de faire le premier débrief du voyage sous forme d’un tour de table où chacun à eu l’occasion de se présenter et de présenter ses motivations.
Nous n’avons ensuite pas tardé à nous coucher car le départ été prévu très tôt le lendemain matin. L’objectif de la seconde journée étant de rallier Manali en empruntant nos premiers chemins Himalayens cela après avoir chargé nos bagages dans notre tout nouveau bus qui, on le pensait, nous permettrait d’atteindre Leh sans encombre bien qu’il fut dans le même « old indian style » que le précédent. Je pense qu’au fond qu’en voyant arriver ce nouveau bus aucun d’entre nous n’était plus rassurer. Moi d’autant moins que j’avais en tête les virages en épingle dans la brume des premières collines de l’Himalaya que j’avais parcouru deux ans auparavant.
Le début du trajet a été un peu gâché par la brume qui nous empêchait de profiter de la vue.

Ladakh 2011 helene colpin
Route Nalagarh Manali

Le midi nous avons déjeuné dans un restaurant sur le bord de la route, ce restaurant je le connaissais déjà, j’y été passé avec mes collègues indiens sur la route de notre compagnie trip pour l’Himachal Pradesh. Il faut dire que les restaurants ne poussent pas à foison sur le bord de cette route contrairement au cannabis que l’on trouve partout et qui embaume l’atmosphère masquant les effluves de gaz d’échappement de notre super bus.
C’eut été l’occasion de me remémorer ce super séjour que j’avais passé avec mes collègues et mes deux colocs : les 22 heures de bus depuis NOIDA, l’arbre tombé sur la route à 10km de l’arrivé, les nuits glaciales passées à se réchauffer au bord d’un feu de camp en dansant sur les rythmes penjabis, les fous rires dans la tente (la folie de l’altitude surement…).

Nous avons fait assez peu de pauses lors de cette journée, nous souhaitions arriver le plus tôt possible à Manali pour profiter d’une balade en ville et nous reposer à l’hôtel.
Nous avons quand même eu le droit à une pause pipi près d’un temple accroché on ne sait comment sur les collines.

Ladakh 2011 helene colpin
Route Nalagarh Manali

L’endroit était donc surprenant, les toilettes l’étaient tout autant. Les quelques filles du groupe ont pu tester le concept des latrines féminines. Attention pudiques s’abstenir : Il s’agissait de cinq ou six trous alignés sans aucune séparation ! Pour la première fois du voyage nous découvrions donc la vie à l’indienne sans le « tout à l’égout ».

Ladakh 2011 helene colpin
La troupe se dégourdit les jambes

Lorsque nous sommes arrivés à Manali il faisait déjà nuit. Nous étions tous un peu KO par cette grosse journée de route et la pluspart d’entre nous n’avait qu’un envie, celle d’aller se dégourdir les jambes dans le Tibetan bazar de la ville (bien qu’étant dans une villes où séjournent beaucoup de réfugiers du pays des neiges, le marché n’avait de « tibetan » que le nom car la pluspart des vendeurs n’étaient pas de cette ethnie mais profitez selon moi à des fins marketing de la sympathie que peuvent avoir les tibetains auprès des touristes).
Cependant une « mauvaise » nouvelle allait en décourager certains. Nous étions lundi soir et venions de découvrir que la fameuse route permettant d’entrer dans l’état du cachemire, cette route que nous attendions tous d’emprunter avec impatience était fermé hebdomadairement… le mardi.
Bran le bas de combat, la seule minime chance que nous avions de passez le check point à la sortie de Manali était de partir à 4h du matin le lendemain.
Les surprises de l’organisation à l’indienne étaient de retour… les gens qui organisait notre transport jusqu’au Ladakh n’avait pas pensé à ce détail.
C’est donc seulement avec quelques membres du groupe que je me suis partie me balader dans les rues chaotiques de Manali. Cette petite balade a été pour moi l’occasion de me ré-initier à la négociation avec les commerçants indien en négociant une montre à moins de deux euros !

Nous sommes ensuite rentrés à l’hôtel dans lequel j’ai pu m’initier au carrom, sorte de billard « indien » que j’avais découvert lors de mon voyage au Népal. Ce « sport » national est devenu une de mes nouvelles passion et je ne manquerais pas de vous le faire découvrir dans un prochain article ou lors d’une partie si vous êtes de passage sur Lille.

Le meilleur reste à venir alors attendez la suite!

Ecrit le 14 octobre 2011 par helene  |  1 commentaire »