Helene Colpin en Inde!!

Catégorie ‘Voyages (Himalayas-Inde)’


En attendant de nouveaux articles, ce qui ne saurait tarder, voici une série de photos sur le thème “Tchelo Pakistan”.
Sur chacune de ces photos coule une rivière, mythique berceau dre la civilisation harappéenne et désormaisrivière sacrée hindoustanie : l’Indus.

Pourquoi “Tchelo Pakistan” ?
Parce que l’Indus, si on en suit le cours, mène tout droit au Pakistan, voisin de l’état du Jamu & Cashemire dans lequel se trouve le Ladakh et parce que “Tchelo” signifie “Aller”.

Sur fond de ‘tensions’, entre les deux frères ennemis séparés par la partition 1948 et qui depuis se déclarent régulièrement des guerres ouvertes ou larvées, “Tchelo Pakistan” est une expression indienne qu’il serait d’usage de prononcer lorsqu’une situation est sans espoir.

Un expert geopolitique aurait beaucoup à écrire sur les relations Indo-Pakistanaise, en tous cas je me pose beaucoup de questions, surtout d’après le spectacle de la cérémonie de clôture de la frontière qui a lieu quotidiennement et auquel j’ai assisté à Wagah. S’il est vu par beaucoup d’indiens comme un divertissement comme un autre, il m’a parut exacerber la haine entre les deux peuples autrefois réunis.
Il y a une dizaine de jour, un mois après ma visite, y a eu lieu un choquant attentat, côté pakistanais, tuant 60 personnes. Même s’il ne semblait pas lié au relation indo-pakistanaise mais plutôt à des revendications internes au Pakistan, un tel événement ne m’a malheureusement pas étonne.
En tous cas je ne recommanderais pas ce spectacle qui m’a parut malsain et que je ne pense pas plus sur que ça, d’un point de vue de la sécurité même vu du côté indien. (Et que dire des soldats qui une fois la cérémonie terminée, bousculent, pour ne pas dire frappent, les jeunes qui s’attardent trop dans les gradins.. répugnant).

Bref, je préfère proposer quelques belles (à vous de juger) photos de ce fleuve sacré pour se détendre.

INDUS

Ici l’Indus à la sortie de Leh.

Indus Leh

La confluence de l’Indus et du Zanskar.

Indus Leh

Indus Leh

L’Indus iriguant le village d’Alchi

Indus Leh

Ecrit le 23 novembre 2014 par helene  |  1 commentaire »

Pour cette quatrième journée de notre treck, la marche nous emmenant à Ang en partant d’Hemis Shukpachan s’annonçait encore une fois très courte .
Quatre heures de marche suffisaient à effectuer le trajet. Cette journée fut néanmoins très riche. Tant quant à la opulence des paysages traversés qu’à l’abondance des questions culturelles qu’elle allaient nous amener à envisager.

Retour sur la journée passée à Hemis

La veille, nous avions bénéficié d’une journée de “repos” à Hemis Shukpachan. Une journée cruciale, qui devait faire cesser nos incertitudes. Arrivés depuis 5 jours au Ladakh, Romain semblait souffrir d’un mal aigu des montagnes. Nous commencions à nous faire sérieusement du souci et avions pris, lui et moi, la décision d’abandonner le treck si cette journée de repos ne lui apportait pas tous ses bienfaits. Heureusement, le sommeil, le farniente à observer la vie paysanne, et les bons soins de Dawa et Dodge furent bénéfiques. Nous pûmes reprendre la route vers Ang et envisager avec optimisme le passage du Burning Hot Pass (avec tout de même un cheval de secours en cas de faiblesse).

Cette journée “off” fut aussi marquée, pour Romain resté au camp, par le spectacle du débarquement à notre, jusqu’alors paisible, camp, d’un groupe de 25 américains et de toute l’intendance nécessaire à leur séjour. Alors que, depuis le début du trek, nous n’avions croisé qu’un couple de retraités britanniques, le tourisme de masse faisait son apparition dans cet endroit, où chacun voudrait garder pour lui les grands espaces.
Je crois bien que plus ce qui nous entoure semble sauvage et infini, plus nous voudrions en être les spectateurs privilégiés. Ou alors, est-ce la peur que de tels paysages finissent métamorphosés par les piétinements de la foule, comme si la gomme des “moonboots” de treckeurs ouvrait la voie à une nouvelle forme d’érosion, une érosion humaine à laquelle même les Himalayas ne pourraient faire face.

D’un point de vue plus terre à terre, ce n’est surement que l’idée du passage de 25 américains dans nos toilettes sèches qui provoquait chez nous dégoût et égoïsme…

Souhaitant conserver notre sentiment d’effectuer un voyage de privilégiés, en continuant à marcher dans le silence des grands espaces nous nous levâmes sur le pied de guerre, observant le groupe venu faire les trublions dans nos rêves d’exception.
Nous avions deux solutions , afin de ne pas subir les échos de commentaires américains s’entrechoquant sur les parois des falaises qui nous auraient frappés comme pour nous ramené à la réalité et nous rappeler que, qu’on le veuille ou non nous aussi bénéficiions de l’ouverture du Ladakh au tourisme de masse et que ce voyage n’avait sur d’exceptionnel à l’échelle du monde de la montagne (même si pour moi un voyage au Ladakh reste une immense chance dont j’ai bien conscience qu’elle ne s’offre pas à tous).
Entre partir bien plus tard et bien plus tôt nous fîmes le choix de partir le plus en avance possible pour ne pas finir en tête de leur peloton de shorts et jambes blanchies de crème solaire.

Burning hot pass

Notre objectif sportif du jour : franchir le Burning Hot Pass, renommé “Burning Hot “Pif”” en référence à la couleur de ma protubérance nasale qui a la fâcheuse tendance à s’attirer tous les UV.

Burning hot pass

Burning Hot Pass

Le col ne fut pas si dur à franchir, nous n’étions pas en plein été et le soleil ne tapait si fort. Mais il nous offrit ce que le Ladakh a de meilleur, le mélange de couleurs des montagnes qui, gâtées par la géologie, étaient avait parées des plus variés minéraux.
Le rouge du zinc, le vert de la serpentine, l’ocre de la molasse… que les sommets enneigés de la chaîne du Ladakh sublimaient de leur éclat.

La route du burning hot pass

Sur la route du col

Romain, lui, remontait la pente peu à peu et n’eut pas trop de mal à suivre le rythme.
Ce qui était la bonne nouvelle du jour.

La route du burning hot pass

Passage du col

Une fois au col, retrouvant Dawa, notre cuisto, et Dodje son assistant, qui, bien que partis après nous, finirent par nous dépasser. Nous y attendîmes nos horsemen afin de leur remettre le “joker” du jour de Romain car il n’en aurait visiblement pas besoin pour la descente vers Ang.

Les chevaux arrivent

Les chevaux arrivent

Ang
La descente ne fut pas tout à fait de tout repos. Elle fît souffrir nos articulations tant le sol était sec et incroyablement dur.

Ang se découvre

Ang se découvre

A l’entrée du petit hameau, alors que Dawa, Dodje et les horsemen étaient en train d’installer le camp, nous fîmes face à un groupe d’enfants, agglutinés autour l’attraction inattendue en ce dimanche après-midi.
Ang ne semblant pas disposer de terrain permettant d’accueillir les treckeurs, peu doivent donc y faire halte ou s’aventurer dans ces ruelles.

Un vieil homme, passant par là, accoutré d’une tenue probablement obtenue de l’un des 150 000 militaires qui doublent la population Ladakhi, pris l’initiative de nous porter main forte en dégageant ça et là quelques pierres importunes.

Rinzing, notre guide, après avoir habillé le lit de la rivière de ses vêtements tout juste lavés dans ses flots, nous entraîna faire le tour du village.

Ses habitants s’avéraient encore plus accueillant que dans les autres villages traversés jusqu’ici. Sans doute était-ce lié au passage sporadique des touristes en son sein.
Ce village ne manquait pourtant pas d’intérêt.
Jamais un “Juley” (bonjour) n’était dispensé sans un sourire ou un amical geste de la main.
Les enfants parfois nous suivaient un moment.
Certains, trop habitués aux “touristes-poules” les gâtant de bonbons et de stylos, nous réclamaient ce genre de cadeau.
La plupart du temps, c’était juste la curiosité qui les poussaient à suivre nos pas. Tout sourire ils se prêtaient facilement au jeu de la photographies, rigolant en se voyant apparaître dans nos écrans.
Un vieil homme homme, lui, semblait simplement heureux du passage d’étrangers s’intéressant à son village.
Le regard bienveillant de ses yeux plissés de malices ne nous quitta que lorsque nous disparûmes de son champ de vision.
Sur le chemin du retour, nous le retrouvâmes, assis sur son toit, actionnant son moulin à prière, à côté d’abricots séchant au soleil, et nous saluant avec toujours autant de bonté.

Ang se découvre

La tradition et la parabole

La rue principale du village sur laquelle nous cheminions était bordée, d’une part, de florissant potagers et, d’autre part, des toits des maisons couverts de fourrage et d’abricots.
Les potagers des Ladakhis sont d’un bucolisme qui donne envie de mettre les mains à la terre et devenir acteur de vie végétale.

En contre bas, les champs, secs, s’étendaient tant bien que mal entre deux ocres pentes vertigineuses, disposés en terrasses, clôturés afin de protéger les récoltes du bétail errant à son gré.

Ang se découvre

Champs à Ang

En amont du village, nos pas nous menèrent jusqu’au monastère quintuple centenaire d’Ang, gardé par une chèvre au regard bouffon, dont les murs de glaise mettent en abîme 500 ans d’évolution de peinture Tibétaine.
Vu de l’extérieur, le monastère se distinguait des autres batisses du village par son style bicolore, rouge et blanc, le rouge indiquant que cette partie du bâtiment abritait la représentation d’une divinité protectrice.

Rebroussant chemin vers notre campement, Rigzin, chaussé de tongues, s’entailla l’orteil en glissant sur un cailloux. Lucie, infirmière, qui s’occupa de nettoyer sa blessure sans conséquence, sous le regard épris d’enfants ayant trouvé là une nouvelle curiosité à observer.

Docteur House

Docteur House

Nous craigions alors que tout le village vienne défiler pour faire soigner ses bobos mais il n’en fût rien. Le spectacle terminé, les enfants reprîment leurs occupations, à savoir : nous observer, nous faire des démonstrations de lutte et nous observer de nouveau comme nous pouvions nous même le faire lorsque nous croisions une scène de vie Ladakhi.

Peu après la blessure de Rigzin nous croisâmes un trio de moines, dont un très jeune arborant un drapeau américain sur son sweat à capuche. Comme bon nombre de moines à cette époque de l’année, ils offraient leurs tournées de bénédictions à chaque foyer.
Ceci expliquant pourquoi la plupart des monastères présentait porte close lors de nos passage.
Exibant leur dungchen du haut des rooftops, ils bercèrent notre nuit de sonorités typiquement tibétaine.

Moines jouant du dung

Moines et leurs dungchens

Ecrit le 5 novembre 2014 par helene  |  1 commentaire »

Mon envie de mener un projet au Ladakh fait suite à un premier projet auquel j’ai participé il y a trois ans et qui avait été mené par les étudiants de mon école, membres de l’association 5 Sommets 5 Continents.
Ce projet avait alors consisté, pour ma part, en l’installation de panneaux solaires ainsi que de stations de filtrage d’eau. Ces dernières ont pour objectif de permettre aux treckeurs de s’abreuver en toute écologie, préférant le remplissage de leur gourde en l’échange de quelques Indian Roupies à l’achat de bouteilles en plastique dont Coca-cola se fiche pas mal de savoir ce qu’elles adviendront une fois bues dans un pays où les infrastructures en terme de gestion des déchêts sont largement insuffisantes. Bref ”From cradle to cradle” Coca-cola et son ami Pepsi ne connaissent pas.

Cette installation, mise en place dans de nombreux villages du treck de la Marka, a donc un double avantage pour les habitants: la conservation de leur environnement et l’apport d’une nouvelle source de revenus.

Dans la continuité de cette première expérience Ladakhi, il me tenait à coeur de prendre part à un nouveau projet de l’association Youth Association for Conservation and Development in Hemis National Park (YAFCAD).
La raison d’être de cette association locale est de fournir aux habitants du parc national les moyens de préserver et développer leur vallée, cela dans différents domaines (culture, énergie, gestion des déchets, mise en place d’un tourisme durable).
L’un de ses objectifs majeur est de protéger le mythique léopard des neiges. Cet animal en voie de disparition est parfois la cible des paysans, qui peuvent être ammenés à le tuer si une rencontre fortuite à lieu afin d’éviter à leur cheptel de mourir sous ses cros et donc de perdre une partie de leurs revenus. Pour contrer cela, YAFCAD tente également de sensibiliser les villageois à la “valeur” de cet animal.

Si mon projet n’est qu’un petit galet sur le cairn que met en place YAFCAD il permettait néanmoins d’agir en ce sens. En effet, en distribuant des aiguilles dans les villages et en permettant à YAFCAD d’organiser des sessions de formation à la confection d’objets en laine feutrée, une nouvelle source de revenu était rendue possible pour les villageois qui pourraient alors vendre ces effigies d’animaux locaux aux treckeurs avides de cadeaux-souvenirs inédits.

Ladakhi découvrant les aiguilles

De cette façon, la faune locale (léopards des neiges, blue sheep, yack, ibex…) est remise en lumière et les villageois reprennent conscience de sa valeur, non seulement pour l’équilibre de l’éco-système mais aussi pour le tourisme. En effet, l’idée de pouvoir apercevoir l’un de ces animaux mythiques n’est pas pour rien dans l’engouement des visiteurs pour le Ladakh, qu’ils soient issus de la nouvelle classe moyenne indienne ou de l’étranger.
D’autre part, après la fin de la saison des récoltes, le travail se faisant moins pressant, et plus rare aussi, les villageois disposent de temps libre pour cette activité complémentaire sans compromettre leurs vitales activités agricoles.

En septembre 2014, j’ai donc de nouveau passé deux semaines au Ladakh pour un trecking à la rencontre des Ladakhis, de leur culture et mode de vie.

Ce fût là l’occasion de retrouver Khenrab, de l’association YAFCAD pour lui remettre les aiguilles afin qu’il se charge de les redistribuer dans les villages non traversés par mon treck.
Organiser une rencontre avec Khenrab fut compliqué. Je n’avais eu aucune réponse de sa part à mes derniers email. La raison, outre ses parties de cache-cache avec le léopard, une indisponibilité d’Internet au Ladakh suite aux tristes inondations qui avaient eu lieu à Srinagar une dizaine de jours avant mon arrivée. Plusieurs centaines de cachemeries ont alors perdu la vie. Quatre ans plus tôt, c’était de l’autre côté de la chaîne du Ladakh que les inondations avaient sévi, faisant là aussi des centaines de morts et des dégats matériel considérables dont les stigmates sont encore visible aujourd’hui.

Mais Khenrab est une personne surprenante de tout point de vue et nous a fait l’heureuse surprise de nous rendre visite alors de nous prenions un agréable petit déjeuné sur la terrasse ensolleillée de notre gueshouse.
Tibetan bread, confiture d’abricot maison, lemon tea, tout cela agrémenté d’une pointe de Khenrab et de ses photos de Leopard des neiges ont rendu le moment délicieux.

Malheureusement, nous n’avions que peu de temps à passer avec Khenrab ce jour là car c’était là le grand jour du départ de notre treck.

Retrouvailles avec Khenrab

Pour l’aider dans la mise en place de son projet, Khenrab m’avait donc demandé de ramener des centaines d’aiguilles pour laine feutrée, aiguilles introuvables au Ladakh et difficilement dans les grandes villes indiennes (dont la plus proche, Delhi, est à 5 jours de jeep).

Retrouvailles avec Khenrab

Les deux premiers jours passés à Leh , capitale de l’ancien royaume himalayen du Ladakh, m’ont permis de faire le tour de coopératives vendant quelques uns des objets en laine rammenés des villages. Les “objets” de mon projet, animaux en laine feutrée, y sont vendues pour 150 INR soit un peu plus de 2 €.
Dans l’une de ces boutiques, celle du LEDEG, surprise par l’allure nonchalante du premier yack en laine que j’ai alors découvert, mes compagnons de voyage et moi nous sommes pris d’un fou-rire, manifestation du contraste entre la simplicité de l’objet et la pression lié à la complexité d’obtenir des informations fiables quant au passage de douane avec ma cargaison d’aiguilles.

Retrouvailles avec Khenrab

En préparant mon voyage et l’acheminement des aiguilles, j’avais rencontré de grandes difficultés à obtenir des informations claires quant à la nécessité de les déclarer aux douaniers indiens (leur valeur était d’environ 500€).
Déclarera , déclarera pas… jusqu’à l’instant fatidique où j’avais à choisir entre la green line (des personnes n’ayant rien à déclarer) et la red line (des gens suspicieux comme moi ) je ne savais que faire. Je n’avais pas envie d’expliquer aux douaniers, à l’aide de factures et documents en français, qu’il s’agissait d’un cadeau à une association.
Rebelle, enfin surtout rassurée par le fait qu’ils laissaient passer tous les touristes sans vérifier leur bagage soute (juste les cabines étaient en partie contrôlées), je me résolue à franchir le portique de sécurité, mon doute comme supplément bagage.

(Pour le détail, enfin ce que j’en sais, des formalités administratives, vous pouvez vous reporter au paragraphe lié en fin d’article.)

Pour en revenir à nos “blue sheep” et à l’intérêt du projet, Khenrab m’a indiqué que ces 500 aiguilles allaient, selon ses calculs, impacter plus de cent familles, leur apportant, sur une saison touristique un revenu supplémentaire d’une centaine d’euros, ce qui est considérable.

Pour la majeure partie de la formation des villageoises, c’est YAFCAD qui se charge de la logistique. Khenrab, notamment, s’est mis à la couture pour animer des sessions de formation, comme sur la photo ci-dessous.

Retrouvailles avec Khenrab

Deux semaines au Ladakh sont bien trop courtes et je regrette de n’avoir pu m’impliquer d’avantage à l’occasion de mon séjour mais compte bien continuer à suivre ce projet et pourquoi pas un jour aller passer plusieurs mois dans un village et produire moi aussi des animaux locaux en laine :).

En tous cas, un grand merci à l’association “5 sommets 5 continents” de l’INSA Centre Val de Loire, notamment Mathieu et Loris, pour avoir accepté de m’accompagner sur ce projet, ce qui m’a permis de recevoir ma subvention de la part de Orange Business Service.

Démarches douanières

Au débarquement en Inde, tout passager en provenance d’un pays étranger doit passer les contrôle douanier si vous n’êtes pas en transit (comprenez par là, si vous n’avez pas de correspondance pour un vol international en dehors de l’Inde et donc si vous sortez de l’aéroport).
Dans l’avion, une petite fiche est distribuée sur laquelle il faut cocher les cases correspondantes aux produits interdits ou soumis à restriction que vous transportez. Si l’une des cases est cochée, il faudra passer par la “Red Line” au débarquement en Inde. Sinon un sourire au douanier en passant par la green line suffira.

Pour connaître la taxation à l’entrée sur le sol indien de certains biens, il faut consulter le site www.cbec.gov.in.
Dans l’onglet “Custom”, cliquez sur “Tarifs 20XX-20XY“ et rechercher le chapitre correspondant au type de biens que vous transportez, vous obtiendrez alors la taxe appliquée

D’autre part, pour la sortie de bien du territoire Français pour des raisons humanitaires, il existe des démarches à effectuer en mairie/préfecture et auprès des douanes. Même si j’ai été en contact avec la préfecture et la douane je ne suis pas allée au boût de ces démarches qui ne s’appliquaient pas vraiment au transport une “petite” quantité d’aiguille.
Pour expédier des marchandises depuis la France, que ce soit par la route, l’avion ou le bateau, il est possible d’obtenir des tarifs préférentiels dans le cadre d’un acheminement humanitaire.
Pour cela, il faut obtenir et faire valider une attestation d’aide humanitaire. C’est auprès de votre préfecture ou mairie qu’il faut s’adresser pour cela. Une fois cette attestation dûment obtenue, il faut la faire valider par le service de douane de la ville d’où part la marchandise. Elle autorisera ainsi les biens à quitter le sol français à titre gratuit.
Il est simplement demandé de fournir un inventaire détaillé de la marchandise reprennant les coordonnées de l’expéditeur, sa nature et les références du moyen de transport.

Plus d’info :
- sur le site du ministère de l’intérieur
- sur le site de la douane française

Ecrit le 30 octobre 2014 par helene  |  3 commentaires »

Contexte
Un nouveau voyage indien, en grande partie au Ladakh, vient de se terminer. Je reviens avec de nombreux sujets sur lesquels disserter mais qui vont nécessiter à mon esprit, encore une fois chamboulé, beaucoup de recul.
Je recommence donc à prendre le cours de ce blog laissé à l’abandon entre deux, trop éloignés, voyages en Himalaya, avec le récit de séjours dans les villages ladakhis qui se sont révélés surprenants, touchants et enrichissant. Je commence donc mon “roman” avec le village de Tia.

Le trek avait commencé depuis plusieurs jours déjà. Après une nuit qu’un début de gros rhume avait rendue peu propice au repos, la marche du jour fut néanmoins très accessible.
Je dois avouer avoir été frustrée par les courtes journées de marche de ce trek, pas assez sportif à mon goût bien que je ne renie pas l’effort certain à fournir pour passer certains cols.
Cependant, ces brefs efforts sportifs avaient l’immense avantage de nous laisser le temps de divaguer dans les villages traversés, de nous cultiver en y observant la vie quotidienne en discutant avec notre guide et surtout d’y vivre notre lot de surprises.

Ang - Tingmosgang - Tia

En ce lundi, nous nous étions mis en route sur le rythme des salutations des écoliers nous dépassant en bus, tout sérieux dans leur uniforme et qui ne ressemblaient en rien à la bande de gamins espiègles venus la veille passer leur temps et leur curiosité sur notre campement.

Nous traversâmes Tingmosgang, village dont l’architecture très ancienne matérialisée par de vieilles maisons de pierre aux fenêtres très étroites, se mariait sans faute de goût avec les bâtisses récentes toujours construites dans un style traditionnel.

Pour rejoindre le village de Tia, lieu de notre halte du jour, nous dûmes gravir une colline délimitant les deux villages et sur laquelle s’imposait un grand monastère partagé entre deux traditions du boudhisme Tibétain, les sakyapas (bonnets rouges) et les gelupas (bonnets jaunes, “secte” de sa sainteté le Dalai Lama). Plutôt rare, et jusqu’alors non observé parmi le grand nombre de monastères visités, un grand amphithéatre était posé en bordure du lieu saint. Utilisé lors des festivals locaux tels que les danses des masques, il nous offrait une grandiose aire de pause casse-croute.

Tingmosgang monastery

Le monastère de Tingmosgang est entouré des ruines d’un chateau fort dont seuls quelques pans de mur et bribes de tours de garde demeurent encore. Détruit lors de l’invasion turco-mongole du 16e siècle, ils survivent encore au temps et aux conditions climatiques extrèmes de la région.
Protégé du temps et des conditions extrèmes, un puit, réserve d’eau du chateau, était encore en état, visible, et partiellement visitable pour les plus téméraires souhaitant s’engager dans ses tréfonds. Il venait d’être mis à jour par des travaux de voirie.

Descendus de la colline, laissant les drapeaux à prière claquer au vent derrière nous, nous traversâmes la partie la plus récente et la plus cultivable de Tia constitué de terrains agricoles ombragés disposés sur des plateaux traversés par un maillage de canaux d’irrigation dont la verdure des champs attestait de la parfaite conception.

new Tia

Notre traversée du village fût stoppée par ce que nous avions en premier lieu pris pour une fête. Un rassemblement d’habitants, toutes générations confondues attira notre attention. Traversant l’attroupement, passant devant ce qui ressemblait à un stand de fête de quartier ,nous nous sommes vus spontanément offrir une assiette de riz agrémentée de fruits secs. Cela combla nos estomacs qui attendaient avec impatience le repas préparé par Dawa, notre cuisto.Nos esprits, eux, n’étaient pas rassasiés et se demandaient tout de même quelle était la vraie raison d’un tel événement.

Rigzin, notre guide, nous indiqua qu’il s’agissait en fait d’un agape en l’honeur de funérailles.
Quelques jours plus tard, de retour à Delhi, nous croiserions d’autres funérailles, au ton moins sobre, plus négatif, les pleureuses massées derrières un brancard porté par les hommes emmenant la dépouille…

Arrivés à notre campement du jour, un terrain agricole laissé vacant en cette fin de saison des récoltes, après une courte sieste au soleil nous partîmes dégourdir nos jambes qui n’en n’avaient pas assez de parcourir les sentiers du Sham, laissant Rigzin continuer sa sieste.

Orientant nos pas au hasard nous gravîmes une colline de laquelle s’offrait une vue que nous n’imaginions pas trouver là, celle du vieux village de Tia. Perché sur son éperon rocheux, il me fit penser au village moyenageux de Corde-Sur-Ciel, l’un des plus beau village de France. Nos pas allaient alors être guidés par la vue de ce mirage inattendu.

Tingmosgang monastery

A la découverte du vieux Tia

L’attitude des Ladakhis vis à vis des animaux, que nous pûmes observer à l’occasion de cette ballade, nous étonna tant les comportements pouvaient être oposés d’une personne à une autre. Nous avons tant été attendri par la dame nourissant les derniers veaux de la famille que choqué par la violence avec laquelle une agricultrice lança des pierres sur dzo et dzomo paissant librement sur sa parcelle de terrain.
Mais d’une façon générale je suis convaincue que la culture boudhiste des Ladakhis les enjoints à la douceur envers leur bêtes. Les conversations avec Rigzin appuyant ce ressenti.

Tingmosgang monastery

Arrivant en bas des pentes du village, ce fut à notre tour d’apporter un peu de douceur à ces êtres de monde inférieurs (selon la pensée boudhiste) en leur offrant les restes de pommes grappillees dans le champ de notre hote. Ce qui sucita des sourires amusés de quelques habitants qui nous observaient alors en toute discrétion, cachés derrière leurs masures.

Nous gravimes le village dont certaines ruelles s’apparentaient plus à des voies d’escalade, faciles, qu’à des espaces de circulation urbains. Les habitants que nous croisions nous saluaient tous de “juley*” (*bonjour) enjoués et accueillants. La vue sur la vallée et les montagnes était apaisante.

Tingmosgang monastery

Rencontres
De plus, quel drôle de moment nous passâmes lorsque nous tombîmes sur le “clown” du village, une dame d’un certain âge ne manquant pas d’entrain et qui réussi à me faire rire aux larmes tant la situation était cocasse.
Alors que Lucie, ma soeur, arrivait toute essouflée à l’apogée du village, elle croisa cette dame qui se mit à converser avec nous, en Ladakhi, avec un large sourire. Puis la voilà qui se mit à jouer au mime, elle posa ses poings fermés sur les hanches, se courba et se mit à imiter l’essouflement de Lucie, exagérant fortement le mouvement de la cage thoracique, le son de l’essouflement et se mettant à rire de bon coeur. Elle réitéra son numéro à plusieurs reprises et le comique de répétition fit son effet. Jamais je n’aurais imaginé rire autant avec une personne dont je ne comprenais rien au langage, du moins verbal.

Séchant nos belles larmes et continuant notre errance, curieuse, dans le village, alors que vous observiions dzo et dzomos entre l’espace laissé à la vue par les chörtens, une seconde rencontre marqua notre journée.
Un viel homme vint s’assoir à côté de nous. Prolixe, il ne cessa de nous parler dans une langue dont nous mîmes du temps à discerner qu’il s’agissait du hindi. Nombre de personnes âgées, lorsqu’elles croisent des étrangers tentent, vainement, leur chance en hindi.
Qu’importe, l’échange semblait lui apporter beaucoup de plaisir. Puis d’un bond il se leva, continuant à baragouiner. Nous finîmes par comprendre qu’il nous proposait de le suivre pour nous offrir un thé.
Il était déjà tard et, étant partis de notre camp sans nos frontales nous hésitâmes un temps, de peur de devoir retrouver notre chemin dans le noir. Mais l’occasion d’un bel échange était trop belle et nous sautâmes sur l’occasion, nous laissant une demi-heure pour prendre congès et revenir sur nos pas. Le vie homme nous entraîna dans de nouvelles ruelles escarpées, contournant par la gauche les chörten, avec l’agilité qu’on peut louer à un si viel homme.
Quel ne fut pas notre émerveillement lorsqu’il ouvrit la porte de son “studio” doté d’un panorama incroyable sur la ville basse et les sommets enneigés de la chaîne du Ladakh.
Nous nous instalâmes sur des tapis disposés autour de tables basses en bois. Durant ce temps, il ne cessa de converser, à sens unique, avec nous.
Il préparait le thé avec délicatesse, prenant soin de rincer les tasses à l’eau claire, bien que cet effort fût gâché par la couche de crasse recouvrant ses mains et qui profitait de l’occasion pour migrer vers nos récipients.
Après nous avoir servi, il s’offrit le même plaisir mais le corsa un peu avec un fond de tasse rempli de beurre on ne peut plus rance. Nous nous avouâmes heureux de ne pas avoir bénéficié du même traitement de faveur.

Romain, mon copain, profita du bel instant pour sortir son polaroïd. Il offrit la photo à cet homme qui le remerçia en s’exclamant “je n’en ai jamais vu de pareille!”* (*propos traduits plus tard par notre guide dans une vidéo qui avait été prise par ma soeur). Puis la posa sur son étagère de bric et de broc.

Tingmosgang monastery

Au cours de son monologue, mes maigres notions de hindi m’ont permis de comprendre qu’il souhaitait nous inviter à dîner. Mais alors que je connais le vocabulaire j’ai été incapable de ressortir une phrase lui expliquant que la nuit tombant nous devions repartir à notre camp.
Comprenant malgrè tout que nous devions partir il insista pour que nous le suivions sur son toit. En fait, il tenait à nous montrer une petite mais non moins riche salle de prière, sa fierté, celle du vieux village peut être dont il se faisait le gardien.

Nous le quitâmes, nous pas sans émotion, pour retrouver Rigzin qui était parti à notre recherche s’inquiétant que nous ne soyons pas de retour au camp.

Archéologie
Sur le chemin du retour, une nouvelle surprise nous attendait. Archéologique cette fois. Nous tombâmes sur des blocs de pierre sculptés à l’éffigie de Boudha et datant du grand empereur Maurya : Ashoka ( - 200 avant JC). Rigzin n’avait pas connaissance de la présence de tels trésors dans ce village. Observant notre intérêt pour ces sculptures, une habitante vint à notre rencontre et nous attira sur le terrain attenant à sa maison. Là encore ces incroyables sculptures plus deux fois millénaire firent notre bonheur et conclure notre journée de découverte.

Ecrit le 18 octobre 2014 par helene  |  3 commentaires »

ça y est, un prochain voyage en Inde se profile. Il fait même plus que se profiler puisque les billets d’avions sont déjà réservés et une partie de mes pérégrinations est déjà définie.
Une nouvelle fois je vais aller me faire tourner la tête dans les vallées perchées du Ladakh.
Depuis j’ai ce nouveau voyage en tête je cherche à lui apporter une dimension moins personnelle et plus positif, plus altruiste qu’un “simple” trecking.

C’est pourquoi, il y quelques mois j’ai contacté mon ami Khenrab, responsable au Hemis National Parc et membre de l’association Youth Association for Conservation and Development of Hemis National Park pour savoir en quoi ma venue pourrait leur apporter quelque chose.
Si j’ai eu cette démarche ce n’est pas, comme les mauvais esprits pourrait le dire, pour soulager ma conscience d’occidentale mais parce que si mon premier voyage au Ladakh et le plus beau que j’ai pu faire ce n’est pas (seulement) pour ses paysages à couper le souffle mais surtout pour les échanges qu’il a permis avec la population (nb : j’ai travaillé dans le village de Chilling pour mettre en place des panneaux solaires et une station de purification d’eau).
Khenrab m’a donc proposé de l’aider à trouver des fonds et des idées pour pérenniser un projet qu’il venait de lancer dans plusieurs villages dans le but de vendre de l’artisanat local directement fabriqué par les femmes des villages aux treckeurs de passage.

L’excellente nouvelle de la semaine et que pour les fonds nous n’avons plus de soucis à nous faire :).
En effet, je viens de reporter un prix en participant à challenge de mon entreprise.
Mon projet fait parti des 16 sélectionnés parmi plus de 120 et j’en suis trop heureuse pour Khenrab et YAFCAD.

Le premier projet “Backpacking in Ladakh” (que j’ai appelé “Trecking durable au Ladakh”) c’est le mien l.

Je donnerais bientôt plus de nouvelles de l’avancement de ce projet… aujourd’hui je ne fais que répandre ma joie :)

Ecrit le 5 juillet 2014 par helene  |  Pas de commentaires »