Helene Colpin en Inde!!

Catégorie ‘Voyages (Himalayas-Inde)’


A l’image de ce mandala de sable, d’une beauté délicate mais impermanent, que s’apprétent à brûler ces moines dans l’un des derniers villages traversés par notre treck, notre séjour à travers le Haut-Mustang allait bientôt se transformer en bribes de souvenirs.

mandala mustang

Le vent
Portées par le vent, nos dernières pensées Lobas se laissaient aller en directions de Jomoson où nous devions reprendre un petit avion le lendemain matin direction Pokhara.

vent épis blés mustang

Mais descendus de Kagbeni dans le lit encore asséché de la Kali Gandaki, Vāyu, le dieu hindou du vent, se retourna contre nous avec une furie incroyable, semblant vouloir nous faire faire demi-tour comme si nous avions oublié quelques prières accrochées aux rlung ta (chevaux du vent, autre nom des drapeaux à prière) des nombreux cols franchis durant les quinze derniers jours.

Il était difficile de mettre un pied devant l’autre sans avoir l’air d’ivrogne saoulé au chang.
Ainsi la poussière volait et volait nos derniers regard sur cette vallée.

Arrivés à Jomoson malgré ce vent démoniaque, il ne nous restait plus qu’à nous endormir et à rêver de pouvoir, à notre tour, voler vers Pokhara le lendemain matin.

L’attente d’un improbable avion à Jomoson.

La terrasse de notre hôtel était située au bout de la piste d’attérissage de l’aérodrome de Jomoson.
Sans certitude qu’un avion se poserait sur son tarmac en raison de la mousson frappant l’autre face des Anapurnas, nous nous sommes tout de même levés aux aurores afin d’être à l’affût de toute activité, de tout mouvement, tout vrombissement, indiquant l’arrivée proche d’un avion. Mais le calme demeura.

A Pokhara, aérodrome de provenance des avions atterrissants à Jomoson, on imaginait les passagers comme nous, sur le rooftop de l’aéroport, observant tantôt le ciel tantôt le tarmac sans grand espoir de décoller.
De l’autre côté de cette barrière minérale, de notre côté, le ciel était bleu, presque sans imperfections, mais sans les Anapurnas et Daulagiris faisant rempart à la mousson il aurait probablement était d’un noir menaçant.

Sachant tous, au fond de nous, qu’il n’y aurait pas d’avion, comme il n’y en avait pas eu depuis plusieurs jours et comme il n’y en aurait plus pendant bien d’autres encore, nous avons tout de même passé quatre bonnes heures à attendre que soit acté le fait que nos 20 minutes d’avions seraient transformées en 10h de bus, au moins.

Pendant ce temps, le Nilgiri, éclatant, semblant si proche, nous fit le plaisir de nous tenir compagnie.

Nilgiri

Nilgiri vu de Jomoson

Serrés et pas rassurés

Au contraire du vent qui montait, le couperet est tombé et nous a tranché tout espoir de faire le trajet en avion.
Nous nous avons donc eu le droit à un voyage presque ordinaire entre deux “hubs” touristiques à la manière de la majorité des Népalais.
Non pas un, mais plusieurs bus nous emmèneraient à Pokhara, à commencer par un bus à la déco qui ferait verdir de jalousie les hipsters Lyonnais qui rêveraient de le faire déambuler tel un café branché sur les pentes de Croix-Rousse.

Des passagers, tous plus différents les uns que les autres, montaient à chaque arrêt dans les villages traversés.
Des dames et leurs sacs de riz géants ont pris place à l’avant.
Des sadhus, couverts de cendres, et recouverts d’un longhi, ont enjambé ces mêmes sacs pour se frayer un passage jusqu’à positionner les pointes de leurs tridents à la hauteur des visages des privilégiées ayant pu avoir une place assise.
Ces sacs de riz, encore eux, ont finalement permis à des ouvriers stationnés dans l’allée de se poser presque confortablement.

mandala mustang

Si ce n’est les deux dames qui discutaient gaiement à l’avant du bus, peu de sourires étaient visibles sur les visages.
Nous, nous souriions. Mais ce rire est plutôt nerveux car nous imaginions la route longue, semée d’embûches et quelques saints hommes en guise de compagnons de voyage ne suffisaient pas à nous rassurer.

Les caprices de “Sa”, la terre, et “Tch’ou”, l’eau
Si deux jours plus tôt, à Mukthinath nous étions en présence des quatre éléments, deux nous aurons fait subir leurs caprices au cours de ce trajet, l’eau de la mousson mais aussi la terre de la montagne.

Après quelques heures sur des routes plutôt larges et quelque peu rassurantes, était venu le moment de changer de bus, un bus peint au couleur de Nike et “piloté” (c’est le mot à utiliser dans ces circonstances) par un ado semblant complètement blasé. Les porteurs nous pressaient, ils craignaient que nous n’ayons pas de places assises, du moins ailleurs que dans l’allée centrale.

Plus le Mustang s’éloignait plus la pluie tombait.

Accoudée à la fenêtre du bus j’osais à peine décaler mon centre de gravité vers l’extérieur de peur de provoquer une catastrophe sur les routes devenues bien plus vertigineuses
Regarder par la fenêtre me faisait frissonner. Je ne pouvais voir le bord de la route, juste un précipice se terminant dans une rivière, les roues jouant sans doute les funambules.
Puis le bus s’est arrêté. Un gros cailloux, enfin un peu moins gros que le gros cailloux Lyonnais, bloquait la route.
Les hommes sont alors sortis pour essayer de le déloger. Il leur aura fallu de gros efforts pour nous permettre de reprendre notre route sous la menace d’autres éboulements.

De nouveau le bus s’est arrêté. La raison cette fois était une cascade qui traversait la route.
la poursuite de notre route impliquait la réparation d’une petite passerelle enjambant les flots.

Le pont réparé nous n’en avions pas fini de nos péripéties aqueuses.
Cette fois la route avait complètement disparue sous les remous d’une rivière.
La seule solution : la traverser à pied.
Pantalons retroussés, chaussures et chaussettes autour du cou, nous voilà donc à traverser une rivière sans avoir aucune idée de la façon dont nous rejoindrons Pokhara une fois de l’autre côté mais faisant confiance au sens pratique des Népalais.

De l’autre côté, le vert était dominant et des jeeps étaient bien présentes attendant les laissés pour compte de la route comme nous.

mustang

Si pour nous mousson rime avec aventure et souvenirs exotiques pour les Népalais il s’agit plutôt de pragmatisme.
Malheureusement, comme il y a quelques semaines en Inde elle rime aussi avec dévastation (plus de 1000 personnes sont mortes dans l’état de l’uttarakhand, emportées dans des glissements de terrain).

Après que Tula ait longuement négocié notre trajet (j’imagine que le cour de quatre européens dans la mousson assez élevé), sans comprendre ce qui se passait et même sans savoir s’il se passait vraiment quelque chose nous avons pris place dans une jeep.
Son conducteur, un jeune baraqué au cheveux long, n’avait pas l’air commode et encore moins décidé à partir. Il nous a bien fait comprendre de part son altitude qu’il était le boss et qu’il n’était pas d’humeur à plaisanter avec nous.
Quand nous avons enfin démarré nous nous sommes senti soulagé par sa conduite précises mais un incident nous a confirmé que notre chauffeur n’est vraiment pas un ange.
Alors que deux gamins jouaient au bord de la route, l’un d’entre eux à volontairement surgit devant notre voiture.
Courroucé, notre chauffeur est sorti de la voiture pour mettre une “bonne” raclée à celui qui avait mis sa jeep en danger, de quoi casser un peu l’ambiance.

Après une dernière pause, nous avons terminé notre route. A l’image du trajet, sans nous prêter la moindres attention le conducteur nous a déposé dans une ville à environ deux heures de Pokhara pour un n-ièmme et dernier changement de véhicule qui nous a mené aux retrouvailles avec Pradip qui nous attendait… avec plus de 10h de retard.

mandala mustang

Un article intéressant sur la construction de routes au Mustang :
- http://www.bbc.co.uk/news/magazine-18358056

Ecrit le 2 juillet 2013 par helene  |  1 commentaire »

Avant dernier jour de notre périple, grandiose, avec 1300m de dénivelé positif et comme point de chute: Mukhtinath.
Nous quittions donc nos villages empreints de tradition tibétaine pour retrouver la diversité religieuse du Népal de part cette ville aussi sacrée pour l’une ou l’autre des religions majoritaires du pays, à savoir l’hindouisme et le bouddhisme.
L’accès à cette ville imposait un passage par le col de Ghuy et nous promettait un panorama de 140°, ni plus ni moins, sur les Anapurnas et Daulagiris.

profil Ghuy La

Le profil du jour

Passage de Ghuy La ou 1300 de dénivelé quelques heures

La première pause de l’ascension nous donna l’occasion de tourner une dernière fois nos regards vers le Haut-Mustang, apaisés par la douceur de ses vertigineuses entrailles aux tons pastels où rampait un serpent nommé Kali Gandaki.

vers Muktinath

Arrivés là, Jean-Marc et moi pensions avoir déjà bien entamés l’ascension. Mais David remit nos pieds, qui s’envolaient déjà pour Ghuy La, sur terre, en nous informant, grâce à sa montre trop high-tech, que nous avions en réalité à peine gravi 300 m.

Les porteurs que nous avions rejoint, gérant leurs efforts, ne s’attardèrent pas. Nous leur emboîtâmes le pas, suivi d’Isa sur son cheval, son joker du jour, qu’elle avait choisi de mettre à contribution dans cette longue ascension.
Comme s’il avait de l’égard pour l’égo des treckeurs, le cheval sembla hésiter longtemps avant d’oser pointer son naseau à mon niveau. Il s’arrêtait de lui même à chaque fois qu’il était sur le point de me dépasser, me laissant alors prendre de l’avance avant de me rattraper de nouveau et ainsi de suite.
Sans doute lassé par la lenteur de mon pas, il profita tout de même de l’élargissement du sentier pour prendre les devants..

Aucun répit ne nous fût accordé dans cette ascension. Les très rares passages au dénivelé nul se faisaient sur d’immenses éboulis de pierres à la couleur de Kali. On imaginait très bien cette caillasse pouvoir se dérober sous les fers de notre compagnon du jour l’emmenant quelques dizaines de mètres plus bas, ce qui obligea Isa à franchir ce passage à pied.

Nous dépassâmes bientôt les porteurs, éprouvés.
Le groupe, déjà étiré, s’étira encore lorsque que nous arrivâmes au milieu d’un cirque duquel nous pouvions à peine distinguer les drapeaux à prières symbolisant le col flottants si haut au dessus de nos têtes.
Nous n’avions pas mangé depuis plusieurs heures et commencions à manquer d’énergie. Je me suis alors assise exténuée. Pour me redonner un peu de rythme à mon pas las, pour la première fois depuis le début du treck la seule solution fut pour moi de sortir les écouteurs diffusant des airs énergiques.
Et cela fonctionna très bien.

Quand aller bosser nécessite un passage par le col de Ghuy La

Après Isa et son cheval, David puis moi arrivâmes à destination.
Puis ce fût au tour de Jean-Marc et Tula, courbés, comme si une dernière révérence s’imposait.

Ghuy La

pause au Ghuy La

Tula nous félicita, car même s’il n’avait pas osé nous l’avouer il avait imaginé que le passage du col se serait fait en au moins une heure trente de plus.
A l’arrivée de Mané et Kansa la victoire sur ce col fût célébrée par nos amis Népalais chantant, dansant et tapant dans les mains.

Après quelques minutes à s’auto-congratuler et à prendre des bouffées d’air pures dont la profondeur n’avait d”égal que celle des canyons nous entourant, nous ne tardâmes pas à nous jeter sur notre frugale repas. Au menu de notre pique-nique à haute-altitude: “Tibetan Bread” aussi appelé “Balep Korkun”, œufs durs et nos habituels Coco Crunch en guise de dessert.
Arriva alors un groupe de travailleurs Népalais, sans doute en provenance de notre destination.

ouvriers Népalais sur le col de Ghuy

Ouvriers Népalais sur le col de Ghuy

Nous partageâmes un peu de notre repas avec eux avant de nous prendre mutuellement en photo, chose fréquente sur le sous-continent.

photo sur le col de Ghuy La

Pause photo à Ghuy La

Puis, pelles et pioches en guise de bâtons de randonnée, ils poursuivirent leur incroyable route vers leur travail. Peut être ai-je un point de vue naïf d’occidentale, il faut dire qu’à cette altitude nous avions un peu la tête dans les nuages, mais je ne suis pas certaine de préférer mes réveils aux aurores pour passer des heures dans les transports en commun à leur marche éreintante mais surement moins aliénante.

En tous cas ce jour là le plus dur était fait pour nous Il ne nous restait qu’à descendre jusqu’à Muktinath.
Passés sur l’autre versant du col grande fût notre joie quand, malgré les quelques nuages-alpinistes ayant vaincus la barrière des 8000m des Anapurnas, le Daulagiri s’offrit à nos yeux.
Septième plus haut sommet du monde avec ces 8167m, on ne voyait que lui, même si l’on essayer d’en détourner le regard son imposant sommet nous hypnotisait.
Je pourrais passer des heures d’introspection sans savoir vous dire pourquoi la vue de ces sommets provoque chez moi un tel sentiment de béatitude. Peut être est-ce parce que là haut, la vie telle que nous la connaissons n’a plus aucun sens. Ses sommets nous font réaliser à quel point les choses auxquelles nous accordons une si grandes importances sont en réalité des futilités d’un microcosme que nous prenons pour un vaste centre du monde alors qu’il n’existe pas aux yeux de million de personnes.

Où alors est-ce tout simplement leur beauté qui me subjugue?
Le Daulagiri suivi de ses “frères Dalton“ les sommets Daulagiri 2 et 3 nous renvoient avec tellement de pureté les photons qui vienne s’écraser sur sa masse glaciale qu’on aimerait en remporter une réplique chez soi pour s’installer un espace luminothérapie.

Daulgiri 1 2 et 3

Muktinath

En ayant pris plein des yeux et après un passage sur un pont de singe, nous traversâmes un premier village avant d’apercevoir Muktinath.
Cette vision sonnait le glas de nos journées passées dans ce désert d’altitude et nous ramenait à la réalité de la ville, son bruit, sa pollution, la consommation…
Alors que nous avions fait toute cette route pour découvrir l’atmosphère d’une ville sacrée, la saison des pèlerinages était loin dernière nous et la ville semblait avoir perdu tout aura, transformée en un chantier hôtelier sans grand charme.
De l’incroyable calme du Mustang nous passions au bruit incessant des marteaux cognant l’acier.
Le long de la route principale des hôtels, des cafés “branchés” et une multitude de stands d’artisanat.
Echarpes, bonnets, bijoux étaient posés sur des tréteaux ou à même le sol semblant attendre que le Daulagiri, les observant de loin, s’en choisissent quelques uns.

Il faut s’éloigner un peu du centre ville en direction des temples et fontaines sacrées pour obtenir un peu de répit.
De là la verdure est de nouveau au rendez-vous.
Cet endroit à la particularité, qui le rend sacré, de réunir naturellement les 4 éléments : la terre, l’air, l’eau mais plus étonnant le feu. Des fissures dans des rochets laissent s’échapper du gaz brûlant naturellement. Quand à l’eau elle coule de 108 fontaines présentes dans le temple de Vishnu. Pas de bol pour nous les fontaines avaient le droit à leur maintenance annuelle et ne crachait alors que quelques cailloux et de la boue.

Comme dans toutes les villes d’une importance non négligeable l’accueil se veut moins chaleureux. Nous ne partagions notre immense hôtel qu’avec une jeune Américaine et son guide Népalais, se prenant pour les rois bling-bling du trecking, hyper équipé, hyper branché mais aussi hyper hautains..
Les sanitaires aussi, malgré leurs airs bling bling comparé à ce que nous connaissions, nous ont déçus car étant peut être les plus repoussants dans lesquels nous étions passé jusque là.
Enfin c’est mon point de vue, je n’ai pas vraiment apprécié prendre ma douche dans une odeur de pipi à se demander si quelqu’un n’avait pas confondu douche et toilette ^^.
Bref cet endroit méritait à peine un yack et un chörten dans le classement du guide du Petit Yack futé que nous avions commencé à établir à travers nos séjours dans les villages du Mustang.

Mais n’aller pas croire que tout et tout noir à Muktinath, non, c’est au contraire l’occasion de reprendre goût à la bière tout en observant le couché de soleil sur le Nilgiri du haut du rooftop de l’hôtel et ça c’est quand même aussi super agréable.

Infos pratiques :
- possibilité de faire remplir sa gourde pour 30 roupies le litre dans une station de purification.

Ecrit le 9 juin 2013 par helene  |  Pas de commentaires »

Si tous les chemins mènent à Rome, au moins deux mènent à Chucksang en partant de Gueling. Tous deux passent par Syangmocchen mais, alors que l’un emprunte des sentiers battus, l’autre entraîne le randonneur vers les profondeurs ocres d’un canyon inattendu.
Après une semaine à fouler la rocaille des sentiers, marcher sur des plaines désertiques où seuls les chörtens bâtis par les dévots apportent leur ombre salvatrice, la fraîcheur pourvue par ces entrailles de pierre donnent l’impression d’avoir quitté la rudesse de plateau Tibétain.

Ce havre de fraîcheur abritant du vent et de la chaleur sèche d’un soleil qui, à eux seuls pourraient vous transformer en être humain lyophilisé, semblait annoncer une vivifiante balade. Mais il s’agissait là d’un leurre la nature qui, comme pour mieux piéger les randonneurs une fois au centre de ce paradis perdu, leur demande les plus grands efforts pour en sortir.

La veille, Tula, notre guide, nous avait laissé le choix de notre itinéraire en décrivant les deux du mieux qu’il le pouvait mais sans bien sur chercher à nous décourager ou à nous imposer son point de vue. C’est ainsi qu’il nous présenta les alternatives : un chemin difficile “qui monte comme ça et qui descend comme ça” qu’il nous décrivit en inclinant la main à 45° dans un sens puis dans l’autre et un chemin plus facile, avec moins de dénivelé qu’emprunteraient Mané et Kansa.
Notre troupe fût donc scindée en deux pour la première partie de la journée, David, Tula et moi d’un côté et JM, Isa, Mané et Kansa de l’autre. Nous devions nous retrouver pour le déjeuner dans un village où nous avions déjà fait une halte à l’aller.
David et moi sommes partis, accompagnés de Tula, pour la partie “qui monte comme ça et qui descend comme ça” avec pour objectif de visiter une grotte sacrée autrefois occupée par la star Padmasambava, qui ,il y a 13 siècle, a parcouru l’Asie Centrale pour y répondre le bouddhisme tantrique.

Peu après avoir passé Syangmocchen nous entamions notre voyage au “centre de la terre”. Même dans ce canyon on trouvait des katas enguirlandant le peu de végétation ayant réussi à se faire une place à l’ombre.

plaine désertique mustang

Entrée du canyon

Les vautours tournoyaient au dessus de nos têtes. Tandis qu’à nos pieds leur progéniture tombée du nid semblait aussi étonnée que nous de notre rencontre fortuite.

plaine désertique mustang

Plus loin, quelques cervidés jouaient les équilibristes sur les parois abruptes des falaises sur lesquelles, sans l’oeil de sphinx de Tula, ils seraient passés inaperçus.

Après la longue descente dans ce dédale, nous aperçûmes enfin la grotte en haut d’un immense escalier taillé dans la roche.

Sortis de notre cocon naturellement climatisé, la chaleur se fit très vite éprouvante. A mi-chemin, Tula épuisé, assoiffé, s’allongea quelques instants nous laissant David et moi prendre de l’avance.

Là haut se trouvait un vieil homme, complètement sourd, qu’on sentait épuisé. Il s’agissait du gardien de la grotte vivant seul dans sa petite maison aménagée dans la cavité. Il n’y possédait rien, seul un petit potager et un tuyau sorti de nulle part lui apportant l’eau nécessaire à son irrigation.
Tula nous indiqua que l’homme vivaient là en autarcie attendant les rares personnes de passage et que les habitants des villages les moins éloignés le ravitaillent.

plaine désertique mustang

La grotte de Rangchyung

Dans cette grotte, que la présence du Guru Rimpoché, autre nom de Padmasambava, avait rendu sacrée, on pouvait voir de nombreux chörtens naturellement sculptés dans la matière minérale et recouverts de drapeaux et tentures aux signes auspicieux.

plaine désertique mustang

La grotte de Rangchyung

Redescendus de la grotte nous étions encore d’humeur goguenarde, persuadés d’avoir, sans trop de peine, parcouru la moité de notre chemin.

Seulement, la sortie de ce gouffre fût bien plus éprouvante que tout ce que nous pouvions imaginer. La chaleur était torride et la pente bien plus raide qu’indiqué par Tula.

Arrivés au col situé en haut de ce canyon nous pensions avoir fait le plus dur. Mais il nous restait encore quelques heures de marche et autant de cols à franchir.

plaine désertique mustang

Le Nilgiri vu du col

plaine désertique mustang

La chaîne de l’Anapurna

Continuant notre chemin, nous avons croisé un régiment de 200 soldats Népalais et de quelques chevaux. L’un d’eux me demanda, par simple curiosité, d’où nous venions et où nous allions. Il me confirma alors qu’il s’agissait là d’une très grosse et difficile marche.
Eux n’étaient pas non plus au bout de leur peine. Ils transportaient un lourd barda, seulement aidés de quelques mules, dans l’optique de s’installer à la frontière Népalo-tibétaine.

Le reste de la mâtiné fût une succession de montagnes russes enchaînant les passages de cols.
Elle nous mena dans ce minuscule village où nous avions déjà fait une halte et où nous attendait notre petite éplucheuse de patates.

Après avoir avalé une assiette de “macronis” (”macaronis” étant orthographié de cette façon sur tous les menus des guesthouse du Mustang), je dois avouer que ce n’est pas sans traîner des jambes épuisées et tremblantes que je me suis remise en route.
Une longue descente nous attendait alors pour rejoindre le lit de la Kali Gandaki que nous avions quitté il y a déjà quelques jours.
Pour rejoindre le village dans lequel nous devions passer la nuit, nous devions subir une dernière épreuve. La mousson ayant fait gonfler le flux de la rivière il nous était impossible d’atteindre le village situé sur l’autre rive sans prendre un bain de pied.
Mané et Kansa, arrivés avant nous, nous faisaient de grands signes de l’autre côté de la rive. Puis finir par retrousser leur pantalon pour venir nous aider à traverser.
Chaussures et chaussettes autour du cou, pantalon remonté nous avons dû piétiner dans les eaux froides et agitées de la Kali Gandaki pour rejoindre le village. Ayant eu le pied fracturé quelques mois auparavant, marcher sur des rochers, dans des eaux boueuses et agitées après une si dure journée ne m’a pas vraiment enchanté même si j’en garde aujourd’hui un souvenir amusé.

Le soir, après une douche chaude (c’est suffisamment rare pour le notifier) et notre habituel dîner, mané et kansa avaient préparé un super gâteau d’anniversaire pour David (trop vieux pour que je cite son âge :P). Bien qu’épuisée, m’endormant à moité sur ma chaise, je ne l’ai pas moins apprécié.

Le profil de l’étape du jour :

plaine désertique mustang

Ecrit le 27 avril 2013 par helene  |  Pas de commentaires »

Laissant de côté le stress et l’agitation le temps d’un weekend, je me suis replongée dans mes souvenirs estivaux pour vous proposer quelques lignes relatant une nouvelle étape de mon parcours au Mustang.

Cette sixième journée de treck était un tournant dans notre périple, au propre comme au figuré, car après plusieurs jours de marche vers le nord nous changions de cap pour reprendre la direction du sud afin d’entamer la seconde partie de notre treck, synonyme de retours au point de départ, Jomoson et de découverte de nouveaux villages.
Une courte journée de marche, environ 5h, pauses incluses, allait nous emmener vers la seconde ville du royaume, Tsarang , pour y côtoyer ses quelques 800 habitants.
Quelques jours auparavant, nous avions décidé de modifier le parcours de notre treck afin d’y ajouter une étape qui nous permettrait de nous rendre jusqu’à la ville sacrée hindouhiste Mukhtinath. Or les villages où faire une halte sont rares et éparses au Mustang, il fallait donc équilibrer l’itinéraire au mieux en redécoupant notre parcours.
Nous avions donc décidé de quitter tranquillement Lo Mantang pour arriver à Tsarang en début d’après-midi, nous évitant, ainsi, d’enchaîner de très longues étapes.

Plongés au cœur de la vallée de Lo Mantang nos premiers pas se sont fait avec un dénivelé positif de près de 200m qui nous ont offert un point de vue remarquable sur cette citée que d’aucuns n’imaginerait trouver ailleurs que dans l’imaginaires des esprits aventuriers.

plaine désertique mustang

Vue sur la vallée de Lo Mantang

Poussés, ou retenus, par un vent à décorner les yack, dzo ou autres bovidés, je fût obligée de sortir la Goretex pour quelques heures et ce malgrè un soleil tapant déjà très fort en cette heure matinale. J’étais d’autant plus prudente et attentive aux coups de froid que je sentais poindre un mal de gorge qui aurait pu mettre en péril le plaisir des journées suivantes.
Cela dit, je savais qu’en cas de faiblesse je pouvais compter sur Tula, notre guide, Mané mais aussi Kansha mon porteur, un agriculteur élevant des buffalos et exerçant le métier saisonnier de porteur quelques semaines par an, lui permettant de gagner davantage d’argent qu’il le ferait autrement.

plaine désertique mustang

Le doux visage de Kansa capturé par Jean-Marc

Toujours aux petits-soins avec nous, il m’a été d’un grand réconfort lorsqu’il m’a aidé à venir à boût d’ampoules proportionnelles à la taille des montagnes qui nous entouraient, se dévouant pour me chercher une aiguille désinfectée, capable de les percer et de me permettre de marcher jusqu’à la prochaine étape. Etant donnée l’état de mes pieds (voilà le résultat quand on porte des chaussures un poil trop grandes), il avait même proposé d’ajouter à sa déjà lourde charge (mes affaires et celles de David soit environ les 20Kg légaux) mon sac à dos, ce que j’ai évidemment sur refusé.

En route vers Tsarang
La route de Lo Mantang à Tsarang n’est pas vraiment éprouvante, il faut juste penser à se protéger du soleil et du sable virevoltant avant d’entamer la longue descente vers Tsarang.
Les seuls éléments contre nous en cette journée étaient le soleil et la poussière. Pas de cols à passer sur ce trajet, seule la grimpette sur Tsarang en plein soleil demandait un peu efforts.

plaine désertique mustang

Même l’imposant chörten à mi-chemin entre Lo Mantang et Tsarang ne pouvait pas faire office d’oasis. Le soleil était bien trop haut dans le ciel pour qu’il nous apporte une quelconque ombre.

Arrivés dans le village, nous avons traversé des ruelles verdoyantes, presque désertes comme dans la plus part des villages visité, donnant l’impression que même ces lieux censés rassembler la vie étaient désert.
Mais en ce début d’après-midi la vie était ailleurs, dans l’espace pastoral que constituait la montagne et ne serait de retour qu’en fin d’après-midi, peu avant la tombé du jour, lors du retours des troupeaux

Nous croisions cependant ça et là des habitants afairés à leur lessive ou autre tâche ménagère prenant place en bordure des canaux d’irrigation. Là même où des femmes y lavaient leur longue et épaisse chevelure brune.
Dans une rue de ce silencieux village un visage me marqua, je me souviens encore aujourd’hui de cette jeune fille, au sourire radieux, qui, alors qu’elle laver tranquillement son linge nous saluat de multiples et chaleureux “Helloooo”.

plaine désertique mustang

Après la douche la plus appréciable du treck de part la chaleur fournie par l’énergie solaire, prise dans une cabane de tôle dans le jardin de notre demeure d’un soir et un repas de momos bien trop épicés pour moi nous nous sommes rendus au “gompa pour la puja” (traduisez “au monastère pour la prière”).

Puja à Tsarang
Ce monastère datant de plus de 400 ans se trouvait à deux pas de l’ancien palais royal laissé à l’abandon datant approximativement de la même époque mais dans un état de délabrement bien plus avancé.

Nous sommes rentrés le plus discrètement possible dans le temple où nous avons pris place au rang des invités derrière une rangée de moines qui mangeaient, discutaient, priaient alors qu’une dame se chargeait de remplir leur bol de thé, de leur servir riz et pain tibétain.
Le thé nous fût aussi proposé, heureusement pour nous il s’agissait d’un milk-tea et non du butter-tea servi habituellement dans ces régions tibétaines. Il y a toujours un suspense intenable quand on vous propose un thé dans ces contrées, doit-on accepter une tasse au risque de se battre contre soi-même pour la terminer.

La puja débuta par un vacarme d’incantations, de cors, trompettes et tambours dissonants pour nos oreilles habituées à des sonorités plus radiophoniques.
Ce bruit littéralement assourdissant était pénétrant et de ce fait fascinant et envoutant.

L’atmosphère qui régnait dans cette salle ajoutait à la magie du moment. Seule une petite lucarne située au centre de la pièce à plusieurs mètres de hauteur et la porte entrouverte laissait passer la lumière, éclairant les fresques sublimes d’une lumière tamisée.
Un vent violent de l’après-midi faisait claquer les drapeaux à prière environnants qui dans leur mouvement faisaient varier la faible luminosité du temple.

Les moines d’abord assis, se levèrent pour entamer de nouvelles incantations. Des moinillons, suivis d’un cortège de trompettes, sortirent alors de la salle emportant avec eux leurs torma, ces gâteaux sacrificiels Tibétain constitués le plus souvent de tsampa, la farine d’orge grillée mélangée à l’eau afin d’en obtenir une mixture suffisamment constante pour la constitution de ces cônes.
Les portes furent alors fermées nous laissant à huit-clos avec la sereinité du moment.
Les incantations se poursuivirent un petit moment avant que les portes ne furent rouvertes.
Malgrès la solenité qu’il reignait dans cet endroit si particulier cela n’empêchait pas les moines de discuter, de plaisanter…

A notre sortie du monastère, l’esprit encore ailleurs, une jeune moine de 20 ans nous aborda, curieux de connaitre notre origine. Il nous indiqua que la prière du jour était exceptionnelle et correspondait à un rituel de “protection”.

Penser au privilège que j’avais de profiter de ces instants rares ayant toujours fait jaillir des étoiles dans mes yeux curieux du monde me fît oublier mes ampoules aux pieds.

plaine désertique mustang

Nous rentrâmes nous reposer à l’hôtel “Kailash”, du nom de ce mont sacré pour les Tibétains, source inateignable de l’Indus, centre du monde et demeure du seul Shiva.
Un vent très puissant entrainant avec lui la poussière du désert nous y poussa. Aujourd’hui, des mois après le treck, la peausserie de mes chaussures en est encore imprégnée, et je trouve ça assez incroyable d’avoir ici, dans mon appart Lillois, ce souvenir ramené de si loin.


Guide pratique Lo Mantang - Tsarang :
- gueshouse Kailash : 3 chörtens (dans mon classement totalement subjectif et non-officiel) - nourriture 2 yacks mais évitez les momos à la patate, totalement indigestes et trop épicés ;
- A lire : les sherpas de L.S. Summer ;

plaine désertique mustang

Le profil de l’étape du jour

Ecrit le 3 février 2013 par helene  |  2 commentaires »

Lo Mantang… franchir les cols et parcourir les plaines désertiques qui mènent jusqu’à cette ville a tellement fait souffrir mes orteils qu’elle mérite bien un article à son nom.

plaine désertique mustang

Plaine désertique qui nous mena à Lo Mantang

Malheureusement j’étais dans une forme plus paralympique qu’olympique lors de notre première soirée Lo Mantangaise ce qui m’a fait passer à côté d’une balade dans les ruelles à la tombée du jour et autant de belles photos, vous devrez donc vous contenter des piètres illustrations de cet article.

C’est donc uniquement après notre journée tape-cul à dos de cheval que j’ai pu m’y dégourdir les jambes et m’imprégner un tant soit peu de son atmosphère particulière.

Rien d’artificiel dans cette ville bâtie en 1380 abritant quelques 1100 habitants. Tout est préservé. Ici pas de grande enseigne, seules quelques boutiques d’artisanat dont les vendeurs sont loin de harceler le chaland.
Pas de duel au goût de soda comme il peut être matérialisé par le matraquage publicitaire des géants Pepsi / Coca s’affrontant partout ailleurs au Népal ou en Inde dans les villes densément peuplées. Pas de publicité mettant en valeur des personnages occidentalisés à la peau blanchie bien éloignés des normes locales et faisant fantasmer la vie de nos contrées.
Les enseignes des opérateurs téléphoniques qui fleurissent partout ailleurs sont également absentes. Bien qu’il n’y soit pas impossible de posséder un téléphone portable on croise peu de gens la main greffée au téléphone.
Ici aucun prosélytisme malsain de la part des divinités de la Sainte CONsommation et qu’est ce que ça fait du bien!

Ces ruelles calmes, propres, lieux de rencontres et d’échanges, conservent leur charme moyenâgeux.

Les ruelles de Lo Mantang

Les rues les plus calmes d’une capitale asiatique

Les seules enseignes des boutiques sont discrètement peintes à la main, seul le ciel uniformément bleu attire le regard, sans qu’aucun cable électrique n’obstrue la vue comme ça peut être le cas dans les ruelles de Katmandou.

Les rues Thamel, quartier de Katmandou

Thamel, quartier commerçant de Katmandou

A Lo Mantang, on n’a rien mais on n’a besoin de rien.
Ce sentiment d’être vraiment ailleurs fait du bien. Cependant le fait de n’avoir aucun moyen de communication et de transport, si ce n’est le cheval, peu évidemment devenir un problème. J’imaginais notamment devoir rentrer à Jomoson à dos de cheval à cause de ma petite blessure. Si ce n’est pas un réel problème pour moi cela peut l’être au quotidien pour les Lobas et que c’est aussi pour cette raison qu’on ne peut pas cracher sur la construction de routes.

Entourés par cette muraille on se sent un peu dans un village d’irréductibles gaulois, sauf que les légionnaires contre lesquels doivent se battre les lobas ne sont pas des guerriers armés de lances et de gourdins mais plus subtilement des voisins qui souhaiteraient remplacer l’autosuffisance par un mode de vie basé sur la (sur)consommation qui, on connait la fin de l’histoire, finira par créer inégalités, chômage, le stress et le pire des mal “l’ennui’.

En attendant, les groupes de vieillards, de femmes et d’enfants se partagent les petits espaces que l’on trouve au détours des ruelles. Les vieux font tourner leur moulin à prière en discutant, les femmes tournent autour des murs de moulins à prières…

Les ruelles de Lo Mantang

Mur de moulins à prière

Quelques pickup passant et transportant de la marchandise chinoise laissent craindre le pire quant à la préservation de cette culture et de ses traditions. Espérons que les Lobas sauront faire la part des choses entre les bienfaits et les méfaits de la modernité.

Mais à ce jour, ce sont toujours les troupeaux divers et variés qui sont encore majoritaires sur les routes de la ville.
A la tombée du soir, alors que la lumière se fait rasante sur les collines granitiques du plateau tibétain on assiste au ballet des troupeaux rentrant des plaines, les chèvres puis les dzo (croisement de yack et de zébus, plus docile et fort que le yack) et les innombrables chevaux.

Les ruelles de Lo Mantang

Le retour des troupeaux

Les ruelles de Lo Mantang

Le retour des troupeaux

La vie monastique de Lo Mantang et le festival Tenchi

La vie monastique occupe une grande place dans la vie de Lo Mantang et du Haut Mustang d’une façon générale.
Pour 10 US$ un moine nous a fait visiter le Choodhe gompa (monastère), ses salles de classe et son temple.
La visite du musée faisait aussi partie de la prestation. Le musée, petit par la taille mais immense par les trésors qu’il contient regorge d’objets rituels, masques, tangkas, vêtements, parures ancestrales et textes bouddhiste gravés dans le bois datant de plus de 2000 ans pour certains ainsi que des texte Bonpo, réligion ayant précédée le bouddhisme datant de plus de 3000 ans.

Lors de notre visite du gompa et de son école nous avons pu croiser de jeunes moines répétant sérieusement mais dans la bonne humeur leur pas de danse pour le festival Tenchi prévu quelques jours après notre départ.

Festival Tenji

Festival Tenchi

Puis c’est à la préparation de leurs ainée à laquelle nous avons eu la chance d’assister.
Une répétition en musique lors de laquelle raisonnaient dung (trompes), conques, tambours et cymbales.

Il faut savoir qu’il est interdit de filmer au Mustang sans autorisation et sans s’acquitter d’un permis de 7000€ délivré par le ministère de l’information et des communications… Donc si vous suivez mon raisonnement je suis un peu une hors la loi qui mériterait d’être enfermée dans les geôles du palais royal :).

Tenji est l’abréviation de “Tempa Chhririm”, ce qui signifie “Prayer for world peace” a lieu tous les ans entre mai et juin depuis le 15ème siècle. Ce festival commémore la victoire du bouddha “Dhorje Sonam” sur le démon Ma Tam Ru Ta qui causait tempêtes et sécheresses détruisant les maisons et anéantissant le bétail.

Festival Tenji

Festival Tenji

C’est sur ce spectacle que c’est achevée notre découverte de Lo Mantang.

Guide pratique :
- La visite des monastères de Choodhe, Jamp, Thupchen et du musée monastique coûte 10US$

Ecrit le 23 décembre 2012 par helene  |  Pas de commentaires »