Helene Colpin en Inde!!

Catégorie ‘Delhi, L'Inde au quotidien’


Delhisjungle.com c’est fini! Beyond-himalayas.com ça commence!
On en a vécu de très belles choses ensemble mais nos centres d’intérêt devenaient un peu incompatible.

delhisjungle fait donc place à “Par delà les Himalayas” disponible ici : Beyond-Himalayas/

Ecrit le 19 février 2016 par helene  |  Pas de commentaires »

Voici un article qui m’a été un peu difficile à digérer.. je veux dire rédiger.
Pour profiter de la fin de notre séjour en Inde nous avions décidé de visiter le Shekhawati, région encore assez méconnue du Rajasthan et mais dans laquelle le passage des caravanes marchandes à partir 18e siècle laissa de fastueuses traces.
C’était sans compter sur une violente dysenterie attrapée, sans doute, à bord du train qui m’empêcha de le découvrir comme il se doit.
Le nectar sacré du bassin d’Amritsar n’avait, semble-t-il, pas vraiment eu l’effet escompté sur mes intestins.
La description de cette région sera donc assez limitée.

D’Amritsar à Nawalgar… en passant par les toilettes

En fin d’après-midi, ce 6 octobre 2015 était donné le top-départ de notre journée marathon à travers les gares du nord-ouest de l’Inde. Partant d’Amritsar, aux confins du Penjab, où se font face indiens et pakistanais, nous devions rejoindre Nawalgar en passant par Delhi et Jaipur.

C’est dans la joie et la bonne humeur que démarra la première étape de ce périple qui nécessita 12h de train et se termina à 4h du matin à Nizamuddin, Gare du Sud de Delhi.

Cependant, ballottée toute la nuit par le roulis du wagon couchette, c’est ballonnée je finis ma nuit. Mais alors que nous arrivions à destination le mal se fit de plus en plus fort et je compris qu’il ne s’agissait pas de celui des transports mais que le repas à l’odeur d’eau croupie commandé dans ce train devait y être pour quelque chose.
Nous n’étions pas à la moitié du trajet qui nous mènerait au Shekhawati que je me demandais comment j’allais bien pouvoir supporter les longues heures de routes qui nous attendaient encore.

Un second train qui partait 5h plus tard de Delhi, nous emmenait à Jaipur.
Par chance nous disposions dans notre train, en “AC 3 tier” d’une couchette que nous ne partagions avec personne (en AC 3 tier les places sont attribuées à 3 par couchettes). Romain me laissa donc la couchette afin que je puisse continuer le voyage, pliée en deux les dents serrées, pénard, sur ma couchette perso. Il pris place à côté d’une viel homme, ancien guide touristique à Jaipur, parlant Français et qui trouva là une très bonne distraction. Quand j’y repense, je suis sur que le visage de cet homme m’était familllié et me demande s’il ne m’avait pas servi de guide dans le Yantra Mantar de Jaipur 5 ans plus tôt…

Débarqués dans la ville rose, Surendra Singh, notre driver, pris le relais pour nous conduire jusqu’à Nawalgar. Malgré sa conduite délicate approuvée par bien d’autres touristes avant nous, les 4 h de trajet fûrent on ne peut plus éprouvants pour moi, fiévreuse, dans cette petite voiture pas très bien climatisée.

Sunredra nous avait été conseillé par Ramesh Jangid, le propriétaire de la guesthouse où nous allions trouver un peu de repos et beaucoup de dépaysement.
La Apani Dhani Guesthousse proposait en effet de très belles et paisibles chambres ainsi que des bungalows aux murs de terre construites dans les années 90 par Ramesh et sa famille pour proposer une alternative au tourisme de masse en accord avec le respect de l’environnement.
En voilà encore un surfe sur la mode de l’écologie pour faire prospérer son business me direz-vous! Mais je ne pense pas que Ramesh soit un précurseur indien du greenwashing. Je pense vraiment qu’une telle démarche dans au début des années 90 était plus liée à des aspiration personnelles que marketing.

Bref, à peine arrivée à la lodge, malgrè l’envie de faire de tour du propriétaire et de goûter aux plats vég cuisinés par le fils de Ramesh, je m’affalais sous la moustiquaire de mon lit me confinant telle une malade en quarantaine.
Je n’en sortirais vraiment que plus de 24h plus tard, après la venue d’un médecin, qu’on se décida à appeler alors que smecta et traitement ayurvédique proné par Ramesh ne faisait aucun effet.
Mon séjour à Nawalgar fut donc très limité et ne consista qu’en des allers et venus entre mon lit et les toilettes.

Nawalghar - 0 / Madawa - 1
Le lendemain je me sentais un peu mieux. Je n’avais de toute façon pas le choix, le soir nous devions repartir pour Jaipur puis Delhi et ainsi terminer ce nouveau séjour en inde.
Avant de partir pour visiter Mandawa, Romain et moi nous rendîmes à la pharmarcie, faire des réserves du traitement que m’avait préscrit le médecin.
En Inde, une ordonance semble pouvoir être réutilisée un nombre infini de fois. J’avais déjà usé de ce subterfuge, alors que je vivais à Delhi pour soigner une angine que mon colloc et moi avions attrapé à cause de la clim : 1 visite chez le médecin, 2 personnes traitées.

Une violente averse avait laissé des traces dans les rues de la ville.
Les étangs qui s’étaient formés dans les cavités des bords de routes fatigués, nous imposaient parfois de jouer les équilibristes sur des planches placées pour éviter d’y sombrer.
Nous croisâmes toute sorte de gens, de l’indifférent à l’oppressant (malveillant?) en passant par le simple curieux avide d’échanger avec deux touristes.
Ce dernier, nous expliqua que nous étions dans le Shekhawati, qui fait parti du Rajhasthan, dont la capitale et Jaipur et blablabla et blablabla. Bien que très gentil, il voulu même nous inviter à fêter Diwali chez lui, nous n’avions pas l’énergie nécessaire à cette conversation et priment congés.
Il était tant de partir pour Mandawa, à moins d’une heure là.

Mandawa
A mandawa le chauffeur nous dépôsa sur un petit parking de terre battue en plein centre de cette petite ville animée.

Ne sachant quelle direction emprunter, nos pas nous dirigèrent vers le quartier qui semblait le plus calme, comme si nous étions pousser par notre inconscient à fuir le bruit et la foule qui avait fini par nous fatiguer à Amritsar.

Nous découvrîmes des merveilles d’art et d’architecture bien sur mais aussi de vie quotidienne, comme cette boutique, atelier de tailleur et de tout et de rien.
Les habitants du Shekhawati, en continuant à occuper ces bâtisses, ne laissant pas le monopole aux hôtels de luxe et musés, leur donne une nouvelle vie, une vraie vie, qui rend ces lieux d’autant plus fascinants.

Bien sur les plus belles Havelis, esthétiquement parlant, sont celles qui ont été conservées, restaurées et édifiées en musée. Mais le “beau” doit-il rester réservé aux touristes et conservé dans un écrin sans vie ?

Continuant nos déambulations, nous fûmes orientés par un habitant qui s’en alla chercher la responsable de l’une des havelis ouvertes aux visites. Cette dame, au sourire chaleureux, habitante d’une partie de la haveli en question, s’était vu donner la responsabilité des visites par le propriétaire, qui lui permettait alors d’arrondir ses fins de mois avec les pourboires des visiteurs et la ventes de souvenirs typiques.

Moi qui entrait dans ma première haveli, j’avais envie de me perdre dans ses innombrables couloirs, comme une petite fille découvrant un lieu abandonné et imaginant s’en faire une cabane. Chacun de ses murs, chacune de ses peintures, valaient la peine d’être observés de longs instants.
Dans certaines de ces pièces, des objets d’époques étaient toujours entreposés, trésors empoussiérés d’un passé fastueux. Notre accompagnatrice voulait nous en vendre certains, à un prix bien-sur dérisoire. D’autres touristes avant nous semblaient avoir égoïstement accepté son offre sans penser aux prochains rêveurs de passage pour qui ses objets auraient servi de support à l’imagination d’une vie fastueuse sur la route du commerce.

Dundlod
Quittant Mandawa pour repartir vers Jaipur nous avons fait halte dans un autre village, Dundlod, lui aussi organisé autours d’impressionnants palaces.

Nous avons du nous contenter de la visite du haveli-musé de la ville pour nous en prendre une dernière fois plein les yeux avant de retourner passer notre dernière journée à Delhi.

Infos pratiques :
A venir…

Ecrit le 17 janvier 2015 par helene  |  Pas de commentaires »

En ce premier jour de 2016, je me dois de vous souhaiter à tous mes meilleurs vœux!

Pour 2016 je vous souhaite une bonne crise, non pas une bonne récession mais un électrochoc, une prise de conscience qui nous permettra de revenir à un mode de vie plus sain et donc probablement plus simple.
J’espère que cette année ira dans le sens du retour d’une société technologique à écologique ou plus exactement d’une société dans laquelle la technologie participera réellement au bien être des Hommes prônant le développement durable et intégrant pleinement la notion de vacuité qui ne signifie pas que tout est vide de sens, bien au contraire, mais que tout est vide d’existence propre et que par conséquent toutes choses sont interdépendantes.

Bon, tout ça ne se fera pas en un jour, ni même en une année alors en attendant “Keep on smilling”.

Ladakh 2011 helene colpin

Ecrit le 1 janvier 2015 par helene  |  3 commentaires »

Atterrir à New Delhi

20 septembre 2014, 5 ans après mon départ de l’Inde, j’atterrie de nouveau à Delhi. Cette fois pour de simples vacances, accompagnée de ma soeur, son copain et le mien. Pour les deux premiers il s’agit d’une découverte de l’Inde. Pour Romain et moi, il s’agit donc plutôt d’une redécouverte de l’Inde du point de vue du touriste de passage.

Les sensations à l’atterrissage sont toujours les mêmes. L’odeur de canicule, mélange de safran, de caoutchouc fondu et d’autres éléments olfactifs Delhiites est toujours là pour mon plus grand plaisir.

Seul l’aéroport s’est métamorphosé, son terminal 3 ultra-moderne et calme, accueillant les vols internationaux, a pris vie. Son opulence est telle qu’elle dénote trop avec la réalité du pays dont sont issues ses fondations.

La clim, convenablement réglée, fait occulter aux voyageurs qu’ils viennent de débarquer en Inde, que la mousson n’est pas si loin, que son important taux d’humidité a persisté et cohabite désormais avec une température qui serait jugée caniculaire en France, frollant les 40°.
Notre transit par Bombay, où débarqués à 9h du matin nous avions spontanément transpirés toute l’eau de notre corps, nous en avait pourtant donné un premier aperçu.

La sortie de l’aéroport est désormais beaucoup moins folle, bien plus conventionnelle. Les chauffeurs de taxi ne sautent plus sur les touristes fraîchement débarqués. Les voitures ne se font plus de queue de poisson pour gagner le droit de sortir du parking chaotique. Et pour cause, pour rejoindre la ville un métro hyper moderne, spacieux et confortable a fait son apparition.
Nous choisissons néanmoins de prendre un taxi pré-paid à la sortie de l’aéroport qui, pour 152 INR par personne, nous emmènera vers Old Delhi à travers un voyage dans mes souvenirs via les différents quartiers de la mégalopole.

Green Parc, Janpat, India Gate, Président Estate… ces quartiers verdoyants surprennent mes compagnons de voyages qui ne s’attendaient pas à tant de végétations et à des routes impeccables.
Malheureusement nous n’y avons pas croisé d’éléphants comme il peut parfois s’en promener guidé par leur cornac. Déjà rares il y a 5 ans, y en a-t-il seulement encore sur le bitume de Delhi?
Puis nous empruntons la rocade direction Old Delhi et New Delhi, son monde idéal fait de quartiers chics et calme laisse place à la réalité du quotidien de nombreux indien. A l’arrivée dans le vieux Delhi nous sommes pris dans les embouteillages de véhicules en tout genre, motorisés ou non.

Les véhicules sont d’une telle diversité qu’un code de la route est inapplicable et la moindre vache traversant la rue hébétée créé un goulot d’étranglement pouvant mettre des heures à s’élargir.
A moins d’organiser les routes avec des files spécifiques à chaque type de véhicule, les voitures, motos et auto-rickshaw d’un côté, les rickshaws et autres charrettes d’un autre, et d’apprendre aux vaches à traverser au passage piéton, je n’imagine pas que ce problème puisse être réglé dans un futur proche.

Les klaxons vont bon train mais ils sont plutôt utilisés pour prévenir de son passage que pour exprimer son mécontentement. L’indifférence règne. Les gens s’entre-aident parfois, poussant les roues des rickshaw prises dans des nids de poules, aidant les camionnettes à manœuvrer.
Et pour passer le temps, ils observent les quatre jeunes français dégoulinants pris au piège dans leur boite en métal.

Old Delhi,

Il fait une chaleur incroyable, nous sommes trempés par notre sueur dans ce taxi, mini bus roulant au gaz naturel.
Le chauffeur ne nous descendra pas à notre hotel. Les embouteillages nous feraient perdre trop de temps.
Nous voilà donc lachés au beau milieu d’un carrefour. Retenant notre souffle avant de plonger dans la vague de véhicules s’avançant et nous bloquant le passage vers une rue qu’on imagine mener vers notre hôtel.
Nous n’avions bien sur pas de plan du quartier, (en existe-t-il seulement ?), et suivons l’intuition de Romain.

Les trottoirs, où ce qui s’y apparente, sont tout aussi embouteillés que les routes qu’ils bordent. Se frayer un passage au milieu de la foule avec nos imposants bagages sur le dos est le premier défi indien que relèvent mes compagnons de voyage non habitués à être dévisagés tel un sikh qui ferait du tourisme à Maubeuge.
Même si nous ne sommes pas sur de nous, de notre route, nous tenons tête à nos doutes et avançons avec conviction vers Fathepuri, la rue de notre hôtel.

A l’aide des indications de quelques commerçants, innombrables dans ce quartier, nous finissons par tomber sur le Vaishnaw Hotel, notre QG pour les deux premiers jours que nous allions passer à Delhi.

Massé entre un chips-walla (je doute de l’existence de cette dénomination mais voilà comment j’appellerai quelqu’un qui fabrique et vend des petits biscuits apéro dans une petite échoppe) et un lassi-walla notre hôtel est en plein coeur de la vie grouillante de ce quartier historique, ancienne capitale de l’empire Moghol (et non Mongole) fondée par Shajahan au 17e siecle.

Fatigués par le voyage, mais bouillants d’impatience de découvrir ou redécouvrir l’ambiance indienne, nous n’avons pas paressé à l’hôtel très longtemps. Nous ne nous sommes laissés que le temps d’un tchaï (thè aux épices, lait et sucre) dans l’ambiance confinée et rassurante de notre chambre pour nous préparer à aller goûter au tchaï qu’est Delhi, excitant, parfois un peu épicé de part ses images qui nous interpellent, mais souvent doux par la gentillesse de beaucoup.

Direction Chandni Chowk, littéralement le “marché éclairé par la lune”, qui semble tenir son nom du fait qu’il était initialement un parc bordé de canaux dont la fonction était de refléter le clair de lune et donc de faire scintiller Lal Quila, le fort rouge, durant la nuit.

Lal Quila

Aujourd’hui, la pollution à Delhi semble trop épaisse pour que la lune puisse continuer à éclairer les marchands noctambules mais l’électricité l’a remplacée.
Tout aussi capricieuse que la lune qui se cacherait derrière les nuages, l’électricité fait parfois des siennes même si les coupures m’ont semblé plus occasionnelles que lorsque je vivais à Sarita Vihar.
Elles n’ont pas empêcher le quartier de vivres ces nuits blanches, non faites de soirées festives arrosées mais de labeur. Car quand les chalands, nombreux en cette période pré-diwali, quittent les artères encombrées du quartier, ce n’est que pour laisser la place aux livreurs en tous genres.

Un samedi ordinaire à Chandni Chowk

Rentrés après la tombée de la nuit à notre hôtel nous découvrons un flux constant de livreur acheminant des colis par tous les moyens possibles, sur leur tête, dans leur camionnette, en rickshaw ou à la force de leur bras. Ces va-et-vient se prolongent tard dans la nuit, à 2h du matin les klaxons nous empêchent de dormir et donnent l’impression que jamais ils ne cessent dans ce quartier.
Le calme fini par s’imposer dans ce concert dissonant, mais le temps d’une courte entre-acte seulement, avant que les chiens errants finissent par comprendre qu’il est temps pour eux d’entrer en scène.

Se délecter à Old Delhi

Mais Chandni Chow et le Old Delhi ne se résument pas à des lieux un peu hostiles pour un français en vadrouille, il regorge de petits restaurants dans lesquels il ne fait pas hésiter à aller manger un bout sous peine de passer à côté de la vrai cuisine nord indienne.

Sur les conseils de Anurag, un indien (adorable) vivant à Lyon et travaillant avec Romain, nous avons entamé un jeu de piste dès notre premier jour dans le old Delhi pour tenter de tomber sur les meilleurs restaurants, selon lui. Avoir l’adresse d’un restaurant ne suffit pas à le trouver. Perpendiculairement, ou presque, à Chandni Chowk, se forme un dense maillage de très étroites ruelles. Sombres, à l’atmosphère suffocante, enfumées par les restaurants qui s’y entassent, elles sont pourtant tout autant saturées que la grande avenue qu’est Chandni chowk.
Les piétons se fraient un accès à travers ce dédale, faisant fi des motos imposant leur passage.

Attentifs à ne pas manquer la ruelle qui nous mènera vers notre premier objectif, nous finissons par atteindre notre Parawthe-walla dont les cinq générations en font l’un des meilleurs du Old Delhi. Un “parawthe-walla” est une personne qui fait des “parawthe”. Et un “parawathe” est une sorte de galette fourée avec à peu près tout que qu’on peu imaginer.
Les parawathe (“parantas”, si tant est qu’on puisse franciser ce mot) sont souvent servis accompagnés d’un tali, une assiette compartimentée , remplie de divers légumes en sauces épicées et de curd (yahourt). Un délice pour qui sait apprécier épices et piments.

Après ce restaurant, succulent mais bien trop épicé pour 4 français tout juste débarqués, nous avons profité de notre retour à l’hôtel pour y commander une assiette de plain rice et avons tous siroté un petit smecta juste au cas où…

Le lendemain nos défis culinaires nous ont emmené chez Karim, restaurant fondé il y a un siècle par le fils d’un cuisinier de l’empereur moghol.
Le cuisto aurait alors affirmé “Je veux gagner en renommé et en richesse en servant de la nourriture royalle aux hommes ordinaires” . Il aura effectivement gagné en renommé puisque nombre de guides touristiques conseillent ce restaurant qui s’est depuis quelques années transformé en une chaîne sur Delhi et sa banlieue.
C’était là l’occasion d’une retrouvaille avec mes collègues, Ankur et Gaurav, que je n’avais pas vu depuis 5 ans. Bien que végétariens ils sont acceptés de nous accompagner dans ce restaurants dont les spécialités les plus réputées sont cuisinées à base de viande. Butter-naans à l’allure de brioche, kababs fondants et paneer matar ont satisfait nos appétits intrépides.

Le dessert fût pris le soir en rentrant de notre balade reposante à Lodhi Garden, un délicieux “Kesar lassi” (sorte de yahourt à boire au safran) siroté face à l’échoppe d’un Amritsari lassi walla, un vendeur de lassi originaire d’Amritsar.
Nous sommes épuisés. Nous nous sentons poisseux. Nous rentrons alors au Vaishnaw Hotel, pensant pouvoir dormir un peu avant de se lever à 2h du matin pour prendre l’avion pour Leh. Cependant, même posés devant une série des plus soporifique “Super Cops vs Super Vilain”, nous ne parviendrons à trouver le sommeil dans ce vacarme sans clair de lune.

Liens et “bons” plans :
- un superbe blog qui porte bien son nom ‘Eat and dust” et qui parle presque exclusivement des restaurants du old delhi. : http://eatanddust.com/
- un hotel : notre hotel le Vaishnaw Hotel, hôtes très accueillant, super clean mais, détail important, il faut demander une chambre qui ne donne pas sur la rue si vous imaginez y dormir
- Boire un lassi : Amritsari Lassi Walla. Adresse : quelque part entre chandni chowk et fatehpur
- Karim’s restaurant : quelque part près de la Jama Majid

ps : désolée pour les lecteurs (si toutefois il y en a), mes articles sont écrits de façon totalement anachroniques, j’espère que ce n’est pas trop perturbant.

Ecrit le 21 décembre 2014 par helene  |  4 commentaires »

On m’avait présenté Amritsar comme un endroit paisible baignant, tel le temple d’or dans son bassin, dans la spiritualité.
Cependant, si la spiritualité est bien, l’idée que je m’en fais, quelque chose qui se vit intérieurement, de qui se voudrait contemplative alors Amritsar, la ville, par opposition à son temple, est loin d’être spirituelle.

En ce début de ce mois d’octobre, à l’occasion des vacances de Diwali, (Diwali n’est pas une personne, non, mais l’une des importantes des fêtes hindouhistes, un peu comme Noël par chez nous), la ville incarne à merveille le cliché que peut avoir l’occidental de base quand il pense à l’Inde du Nord : surpeuplé, bruyant, pollué et bien plus encore.

Semblant ignorer le rythme imposé par les levés et couchés de soleil, elle ne s’endort jamais. Insomniaque, elle l’est surement, pour mieux accueillir les milliers de pèlerins et les quelques touristes ayant passés de très longues heures dans les transports pour venir l’honorer.

De Delhi à Amritsar
Les touristes ou pèlerins, comme nous, arrivent bien souvent par train de Delhi ou par bus de Chandigarh, Dharamsala ou d’autres provenances des contreforts himalayens.
Pour notre part, nous avions choisi le train en partance de Delhi. Un train roulant 6 heures durant. En cette période de vacances, nous avions eu quelques difficultés à trouver 4 places malgré le grand nombre de trains faisant le trajet quotidiennement. Nous nous sommes donc résolus à réserver ‘First AC” (la plus haute des classes parmis les nombreuses que proposent l’Indian Railway).
Dans ce train très confortable, nous avons assisté à un défilé de serveurs de la “Meals on Weels Company”, nous apportant sans cesse de fastueux plateaux repas.
Leur dégustation était comprise dans le prix du billet (1500 INR / personne soit moins de 20€).
C’est le ventre bien rempli (sainement aussi, la shigellose je vous la garde pour un prochain article) , que nous sommes arrivés, passé 23h à la gare d’Amritsar.
Son esplanade était animée d’un balai de taxis faisant les aller-retours vers le temple d’or. Comme d’habitude, nos blancs-becs se sont fait assaillir par tous les taxis du coin.

Dans un premier temps, nous avions, candidement pensé rejoindre le temple d’or à pied bien que n’ayant aucune idée de la distance à parcourir. Nous tentâmes donc de nous rapprocher de policiers sikhs pour leur demander conseil. Cependant Delhi, la ville cosmopolite était bien loin, et les policiers ne parlaient pas l’anglais mais uniquement le penjabi, l’une des 850 langues du pays. Ils firent quand même l’effort de chercher quelqu’un pour nous renseigner. Cette personne nous indiqua que le temple était à une quinzaine de minutes en taxi, sans embouteillage. On nous conseilla donc de faire le trajet motorisé et proposa même de nous le négocier. C’est ainsi que pour 300 INR (environ 1€ par personnes) un jeune taxi-walla nous emmena jusqu’à Sita Niwas quartier d’hôtels juxtaposant le temple d’or.

Je vais éviter là une digression sur les faux offices de tourisme à Delhi qui nous ammenérent à nous retrouver dans ce quartier. Toujours fût-il qu’à minuit nous n’étions pas certains du fait que nous dormirions sous un toit pour notre première nuit passée à Amritsar.

Dormir à Amritsar
Notre plan B, réserver une chambre dans un hôtel, ayant échoué, nous comptions donc à nouveau sur notre plan A, à savoir dormir au temple d’or qui avait la réputation d’offrir le gîte à ses pélerins. Nous l’avions, un temps, laissé de côté car, étant donné la foule qui était annoncée à Amritsar, nous craignons de n’y trouver aucune place.

Suivant la foule, nous franchîmes l’une des entrées du complexe dans lequel se trouvait le temple sacré pour la population sikhs et nombre d’hindouhistes. Nous débarquâmes alors dans un univers à la dimension temporel étonnante. L’activité était telle qu’on s’y serait crus en plein jour. L’heure semblait y être un concept inexistant.

La foule affluait sans cesse.
Au milieu, nous étions plantés là, l’air hagard, comme débarqués sans transition d’un lieu dans lequel nous avions encore quelques repères à un environnement que nous n’avions jamais imaginé. Malgré mes précédents séjours en Inde, parfois dans des lieux de cultes très fréquentés (tel que les ghats baignant dans le Gange à Haridwar), cet univers semblait totalement inédit.

C’est alors que mon regard, surement un peu perdu, croisa celui d’un garde sikh armé de son hallebarde qui nous observait au loin. Sans dire un mot, d’un léger signe de la tête, il nous enjoint à le suivre.
Nous nous exécutâmes, tachant de ne pas le perdre dans la foule. Il nous fit rentrer dans l’un des élégants bâtiments du complexe et passa la main à un autre garde avant de disparaître dans la foule.
Toujours sans un mot ce dernier nous ouvrit une porte, celle du dortoir sur lequel il veillait.

Indus Leh

Dortoir temple d’or Amritsar

Les lits y été alignés. Accablés de chaleurs d’autres jeunes voyageurs étrangers y été affalés, profitant un temps soit peu de l’air des ventilateurs tournoyant au dessus des lits.
Des casiers étaient à notre disposition pour laisser nos sacs et objets de valeur.

Eprouvés par notre journée passée dans les transports, entre l’avion Leh-Delhi, la journée à trainer à Delhi et le trajet Delhi-Amritsar, nous sautâmes sur le premier lit trouvé pour tenter, malgré l’écrasante chaleur, de dormir et nous reposer.

Le dortoir spécial “foreigners” n’était équipé d’aucune pièce d’eau. Il fallait, pour nous débarbouiller et aller aux toilettes, traverser la vaste cours intérieure du bâtiment dans laquelle, des centaines de pèlerins avaient posés bagages. Les plus chanceux avaient une chambre mais la grande majorité dormait à même le sol, dans une conviviale promiscuité.

Indus Leh

Dortoir temple d’or Amritsar

Manger à Amritsar
Sans interruptions, les journées et nuits étaient rythmées par le vacarmes des talis et autres ustensiles de vaisselle s’entrechoquant, s’empilant, se désempilant, se faisant laver par une foule de mains bénévoles..

Car, au Golden Temple, il n’y a pas de demi-pension. Le gîte est offert aussi bien que le couvert, cela sans distinction du fait que vous soyez touristes Lyonais, vacanciers hindouhistes ou sikh plein de ferveur.

Les mêmes personnes que l’on doit enjamber pour accéder aux toilettes (par ailleurs, très propres pour un tel endroit), se cotoient donc dans l’immense langar, le réfectoire du temple pour y prendre leur repas : riz, lentilles et chapati.

La logistique de ce lieu est incroyable. Elle constraste avec le reste de la ville.

Un flux constant de pèlerins se présente au réfectoire de jour comme de nuit. Après s’être couverts la tête et déchaussés (car nous sommes au sein du temple), tous s’alignent, presque, rigoureusement, pour que leur soient distribués, assiettes, écuelles et verres.
Ce sésame obtenu, des bénévoles orientent ensuite la foule vers les différentes entrées de ce gigantesque réfectoire. Chacun est incité à s’asseoir en file (indienne?), poser son assiette et attendre que des bénévoles arrivent avec leur marmite à roulette pour les remplir à volonté.
Une fois le repas avalé, chaque file, se vide et un nouveau bénévole passe la serpillière pour accueillir dignement le prochain flot de demi-pensionnaires.
Bien sur, il est possible de faire un don pour le repas mais cela n’est en rien obligatoire.

Le temple d’or
Sur les deux jours que nous avons passés à Amritsar nous ne sommes rentrés dans le temple d’or, lui même, qu’à deux reprises tant cela pouvait se révéler éprouvant malgré l’excellente logistique mise en place. La première fois en journée et la seconde, la plus belle, le soir, une fois le soleil couché et le bouillonnement retombé.
Alors que nous nous approchions pour la première fois de l’une des entrées, un vieux sikh nous alpagua, nous dit que nous devions déposer nos sacs à la consigne, nous couvrir la tête d’un tout petit foulard et retirer nos chaussures. Cela aurait pu être pris pour de bienveillants conseils s’il n’avait pas continué à nous harceler. Il préjugea que nous étions sans doute fumeurs et que nous ne devions pas rentrer dans le temple alors que la cigarette est interdite dans la religion sikh. Il voulu même contrôler l’état de notre dentition, affirmant que cela lui permettrait de vérifier si nous étions fumeur ou non.
S’en était trop. Je lui répondis qu’il était hors de question qu’on lui montre nos dents et nous nous éloignâmes de cet énergumène.

Après avoir bataillé pour accéder aux comptoirs permettant de déposer en consigne nos sacs d’une part et nos chaussures, d’autre part, c’est sous la chaleur d’autant plus forte qu’elle était réfléchie par le marbre constituant l’intégralité du temple, que nous avons pu enfin découvrir le fameux temple d’or.

Indus Leh

Nous n’avons pu rentrer dans la partie du temple, en or, renfermant le livre sacré, le Guru Granth Sahib. Une queue dépassant allégrement les soixante mètres du pont permettant d’y accéder nous en empêchant. Nous nous sommes donc contentés d’une marche le long de la promenade entourant l’Amrit Savovar, bassin contenant le nectar sacré qui a donné son nom à la ville. Ce bassin semble constamment récuré par des bénévoles de turbans vétus en profitant pour une petite purification salvatrice.

Indus Leh

Par ci par là, des musiciens jouaient des kirtans, incantations sacrées.

Indus Leh

Kirtan au temple d’or

La plante des pieds brulante à force de marcher sur le marbre ensolleillé, nous ne nous sommes pas attardés tant que ça dans le temple.

Nous sommes partie à la recherche d’un espace vert dans lequel respirer un peu. Mais Amritsar est une ville étouffante et le seul espace vert du centre ville est un parc, quoique assez grand, ne permet pas vraiment de s’y reposer. D’autant que pour l’atteindre il faut se frayer un passage entre la foule, les motos, les voitures, les camions, les bus, les rickshaws, klaxonnant en coeur dans d’étroites rues, ce qui n’est pas chose aisée ou du moins agréable.

Ce parc, le Jalianwalla Bagh, est un lieu de mémoire où se rendent les indiens, et pas uniquement les sikhs, pour rendre hommage aux centaines de manifestants s’y étant retranchés un jour d’avril 1919 et massacrés sous les balles de l’armée britannique, sans espoir de fuir. Les impacts de balles y sont encore visibles, encadrés, brossant le tableau de la violence répressive de l’empire britannique des Indes.

Dans tous les cas, la chaleur accablante ne nous offrait guère d’espoir de trouver refuge ailleurs que dans le train climatisé qui nous ramènerait vers Delhi.
Ce trajet marqua cependant la fin de mes agréables vacances, puisque nous avons eu la bonne idée d’y commander un repas qui provoqua chez moi une violente dysenterie qui me gâcha le reste du voyage et qui en est à son deuxième round contre les antibiotiques, un mois et demi après.

Amritsar en pratique :
A venir

Ecrit le 29 novembre 2014 par helene  |  Pas de commentaires »