Helene Colpin en Inde!!

Catégorie ‘Delhi, L'Inde au quotidien’


Ayant commencé la recherche de mon futur emploi je me suis dis pourquoi ne pas écrire un article sur les petits jobs que je pourrais trouver en Inde si ma recherche s’avérée peu fructueuse ( :-D).

Les indiens sont assez imaginatifs pour ce qui est de trouver quelque chose qui puisse les faire (sur)vivre et ne rechignent jamais à la tâche, quelle qu’elle soit.
Voici donc quelques exemples des petits emplois qui occupent leurs journées.

Il y a bien sûr les rickshaw-wallas que je ne présente plus.

Les maids, comprenez « technicien(ne)s de surface ».
A Sarita Vihar, mon quartier, j’ai bien l’impression qu’une bonne partie des habitants fait appel à leurs services.
Moi-même, quand je vivais seule dans mon grand appartement j’ai fini par craquer (ça coûte tellement rien) et, à l’aide de mes voisines, m’en suis trouvée une, Krishna.
Elle vient environ tous les deux jours à 7h30 indian time (c’est-à-dire un peu quand elle veut ^^) et nettoie nos chambres et les pièces principales pour 1000Rs (15€) par mois.
Ma maid doit avoir mon âge à peu près mais je connais des Français qui ont toute une famille qui s’occupe de leur immeuble dont Sanjee, ce petit garçon de neuf ans, adorable, qui a arrêté l’école pour travailler avec ses parents.

Les balayeurs.
Partout dans les rues on peut voir des balayeurs, bien souvent des balayeuses ou des enfants à peine plus hauts que leurs balais qui s’escriment à éliminer la poussière des trottoirs et bords de route. Eux au moins sont certains de toujours avoir du travail avec l’épaisse poussière qu’il y a constamment partout à Delhi.
C’est assez fou de les voir balayer ce qui, de toute façon, est impossible à éliminer.
Disons que ça sert d’excuse pour donner à ces gens quelques roupies.

balayeur delhi

Mais les balayeurs ne seraient rien sans leurs compères les vendeurs de balais ambulants.

balais delhi

Transportant leur marchandise sur leur vélo, vous pouvez leur demander n’importe quel type de balais ils vous le dégoteront, Swiffer n’a qu’à bien se tenir.
Des balais synthétiques fluos aux balais traditionnels casse-dos (en paille, bien typique, environ un mètre de haut) que toutes les bonnes maids utilisent, super efficace pour la poussière mais dont l’utilisation toute la journée doit être bien éprouvante.
Bref pour généraliser, en fait on trouve des vendeurs ambulant d’un peu tout et n’importe quoi du moment que ça peut se revendre quelques roupies (brosses à dents, casque de moto, de selles de vélo, de statuette de divinitées…).

Le Garbage man (Garbage madame ici….).
L’éboueur en gros. Enfin rien à voir avec les éboueurs Français qui réveillent tous le monde à 5h du mat’ avec leur super camion. Ici ils passent en vélo ou charrette (ou charrette tirée par un vélo). Ils ramassent les sachets-poubelle et autres déchets que nous laissons dans la petite cours à l’entrée de notre appart, les charge sur sa charrette et les achemine jusqu’au centre de tris local.
Il n’est pas rare de croiser des enfants déambulant avec de gros sacs sur l’épaule, faisant les poubelles pour récupérer ce qu’il y a à récupérer et à revendre.

poubelle delhi

(sur la photo vous pouvez apercevoir un boût de presseur d’agrumes)

Les portiers.
En arrivant en inde, j’ai été marquée par le fait que la moindre petite boutique, le moindre restau et la plupart des lieux public puisse se payer le luxe d’un portier en uniforme. Mais en fait la main d’œuvre est tellement peu chère que pourquoi pas en fait…
Il reste donc là toute la journée devant sa porte qu’il ouvre à chaque fois que quelqu’un passe.
A mon retour, cela va me faire bizarre d’avoir à pousser une porte quand j’irai faire les boutiques. Tout de suite ça fait plus impersonnel, on peut rentrer et sortir des boutiques sans que personne ne nous remarque!
Dans le même genre il y a les gardiens d’entrée de pocket/bloc, ici pas de capteur infrarouge et de portail automatisé, ils sont assis à coté du portail toute la journée et toute la nuit et à l’aide d’un ingénieux système de poulie tirent sur une corde pour lever la barrière lorsqu’un véhicule veut passer. Bien souvent il ne lève même pas la tête et font ça presque automatiquement tout en continuant leur sieste.

Mais attention, le portier n’est pas à confondre avec le « Security Man » bien qu’il lui arrive de faire portier également!
Bref pour le décrire un peu, il est bien souvent grand (enfin grand pour un indien, tout est relatif) et maigre, en uniforme, de temps en temps il a un vieux fusil à l’épaule et ne fait pas peur à grand monde. N’empêche qu’il est là à chaque DAB, devant toute les entreprises…
Voilà notre vaillant Security Man à Silverline :

sécurity man

.
Plus sérieusement, on retrouve de vrai agents de sécurité voir des militaires dans tous les lieux très fréquentés (métro, marchés, mall, musées , temples….)mesure anti-terroristes oblige. A leur entrée bien souvent il faut passer un portique métallique puis passer par la fouille avant de pouvoir y entrer. Vous imaginez Paris 18h30 chaque personne qui entre dans le métro fouillé? non éh bien je vous laisse imaginez Delhi et ses 10 millions d’habitants ^^

Le marchant de fruits et légumes.
Il est partout ! La majorité des indiens est végétarienne et achète donc son panier de fruits et légumes quotidiennement et pour une somme modique à son petit primeur local.
Il y en a de deux sortes, les vendeurs ambulants qui pérégrinent avec leur charrette multicolore qui donnerait envie de respecter le règle des cinq fruits et légumes par jour au plus réticents d’entre nous.

Il y a également les vendeurs qui ont établis leur étalage sur un trottoir et qui sont là tous les soirs pour que j’aille m’acheter mes bananes à 20Rs le régime, mes succulentes mangues, ou mes ananas qu’ils m’épluchent à la machette.

Toujours dans le domaine de la nourriture partout où la soif peu surgir on trouve un presseur d’agrume ou vendeur de jus de fruit.
Il est là avec ses oranges/citrons, on ne sait pas trop ce que c’est, je crois que ce n’est aucun des deux, c’est vert plus petit qu’une orange, plus gros qu’un citron et ça a le gout d’une orange. Sur sa charrette le vendeur a donc ses fruits, son presse-agrume, quelque verres, un bidon d’eau que je soupçonne provenir directement de la Yamuna River (une collègue m’a fait gouté une fois ça sentait pareil que quand on passe sur le barrage de la rivière… c’est-à-dire pas très bon), je n’ai pas été malade mais c’est psychologiquement ce n’est pas passé.
Il lui arrive d’être accompagné par des fabricants de sucre de canne, qui presse les cannes directement sur place.

Le barbier.
Beaucoup d’indien se font tailler la barbe ou couper les cheveux comme ça sur le trottoir. C’est assez rigolo, d’être sur la route en rickshaw pour aller au boulot le matin et de croiser ces barbiers s’activant sur les mentons des travailleurs qui s’y arrètent avant de rejoindre leur bureau.
Le client est assis sur une chaise en face d’un miroir accroché à un arbre et se fait couper la barbe à l’ancienne avant de reprendre sa route…

barbier delhi

Alors vous me voyez plutôt tailleuse de barbe ou presse-agrume ?
Ah non en fait rickshaw-walla ça me conviendrait très bien.

Enfin bref je pourrais vous faire une liste de petits métiers d’une longueur inimaginable car c’est une très grosse partie de l’économie locale, mais je vais quand même mettre un terme à cet article.

Pour en savoir plus:
-les petits boulots en Inde.

Ecrit le 29 mai 2009 par helene  |  5 commentaires »

Étant donné que je travaille le samedi depuis quelques semaines maintenant je n’ai pas de grande épopée à raconter cette fois. Mais j’en profite un peu pour visiter Delhi et étant donné que mon blog s’appelle « le livre de la jungle urbaine de New Delhi » il faudrait peut être que je reparle un peu de cette ville dans laquelle je vis depuis trois mois déjà.

Il y a quelques semaines c’est dans la jungle urbaine du « Old Delhi » que je me suis aventurée.
J’avoue que je craignais un peu de m’y rendre surtout toute seule après ce que j’avais lu dans le guide du routard notamment, guide parfois trop négatif…
D’après lui, dans une foule grouillante, en tant que jeune blanche j’allais, ou me faire tripoter de toute part, ou dévisager par certains musulmans barbus qui n’apprécient guère les femmes à visage découvert.
Il n’en a rien été, peut être que comme c’était dimanche il y avait moins de monde, peut être que je suis tellement habituée à me faire dévisager que je n’y fais plus attention.
Toujours est-il que je ne me suis pas sentie mal dans ce quartier, à majorité musulman (15% de la population Indienne), assez pauvre, constitué de ruelles emplies de boutiques en tous genres.

Nous nous sommes arrêté en rickshaw entre le fort rouge (complètement similaire à celui d’Agra) et Chandni Chowk, un bazar, une espèce de foire permanente où l’on vend de tout à des prix très abordables, où il faut se frayer un passage entre les étalages, les rickshaws, charrettes et surtout les Indiens. Les rues y sont pleines de monde, les bâtiments bien vieux et les installations électriques douteuses.

Mais ça a son charme, il y a pas mal de temples hindous mais aussi la grande mosquée de Delhi qui s’y mélange.
Je n’ai pas pu la visiter car c’était l’heure de la prière. J’aurais bien aimé monter en haut du minaret pour observer les toits de Delhi mais ce sera pour une prochaine fois. D’ailleurs l’appel du muezzin résonnait dans toutes les ruelles.

En pénétrant plus profondément dans le quartier les ruelles se font de plus en plus étroites, les magasins de plus en plus petits. On y trouve des vendeurs de bijoux, d’étoffes traditionnelles musulmanes, de nourriture… d’ailleurs tout à l’air trop appétissant mais après trois mois en Inde et malgré quelques intoxications alimentaires parci par là je ne me sens toujours assez gastro-résistante pour goûter à toutes ses choses préparées dans des conditions sanitaires mal adaptées à nos intestins de Français sur-protéger. En plus de ça, la nourriture acheté dans la rue est tellement épicée qu’il nous est vraiment impossible de l’avaler. En général il faut un quart d’heure pour se remettre d’une demi-bouchée de samossas, ce n’est pas une légende les indiens mangent très très épicé, plus que nos palais peuvent l’imaginer.

A la sortie de se labyrinthe on se retrouve devant l’immense stade Nehru où ont habituellement lieu les matchs de cricket des « Delhi Dardevils ». J’aurai bien était tester l’ambiance d’un stade de cricket Indien, malheureusement pour des raisons de risques terroristes (cf : attaque contre l’équipe Sri Lankaise, attentat de Lahore et Bombay…) la ligue Indienne a été déplacée sur un autre continent, en Afrique du Sud, car n’ayant pas les moyens d’assurer la sécurité de tels rassemblements sportif.
Ce qui, au passage, peu paraitre paradoxale quand on sait qu’en 2010 auront lieu ici même les jeux du Commonwealth.

De là direction Connaught Place pour retrouver le quartier commerçant chic de la ville, boire un bon café dans un café Italien et se promener dans le longs des allées de boutiques d’artisanats ou dans les grandes boutiques chics d’Adidas ou d’autres grandes marques occidentales.

La conclusion de mes trois premiers mois de balade à Delhi est que cette ville est vraiment incroyable de part sa diversité. C’est fou, en la traversant, en visitant ses quartiers on se rend compte que ce n’est pas réellement une ville mais tout un monde.
On peut être le matin à Sarita Vihar un quartier modeste bien paisible avec des femmes habillées en Sari, des plus jeune un peu plus occidentalisée, des commerçant qui ne parlent presque pas anglais, des gamins qui jouent au cricket, se rendre à Conaught Place, Greater Kaylash ou ailleurs pour sortir faire la fête dans des lieux très occidentalisés pas chers pour nous mais inabordable pour la grande majorité des indiens (d’ailleurs en général il y a 90% d’expats et quelques indiens des quartiers chic) puis arriver dans le Old Delhi … tout ça en passant par des routes dont les abords sont habités par des familles à la “Mital” dans des maisons luxueuses ou peuplées par des enfants des bidonvilles à la Slumdog, par des dizaines de chauffeurs de rickshaw dormant directement sur le toit de leur véhicule ou par d’autres sans abris directement sur les trottoirs.

On voit de tout ici, c’est super éclectiques, chacun peut trouver son bonheur dans cette ville, du dépaysement total aux soirées Drum’N'Bass dans lesquelles on oublie qu’on est en Inde.

Ecrit le 17 mai 2009 par helene  |  5 commentaires »

Les temples, les saris, les ruines mogholes, les butter naans, s’imprégner de la culture locale c’est vraiment génial mais il peut arriver qu’on ait envie de sortir un peu, retrouver d’autres français pour partager nos expériences et se replonger dans la vie festive du monde étudiant.
Durant mes six mois en Inde j’ai donc eu l’occasion de sortir à de nombreuses reprises dans divers quartiers de New Delhi.
Les tarifs pratiqués dans les restaurants et bars de ces quartiers, bien qu’étant prohibitifs pour une majorité d’indiens, ne nous semblent pas très élevés dès lors qu’on a déjà eu l’occasion de boire un café un Paris. Par conséquent, on se rend vite compte qu’une indemnisation de stage paraissant bien dérisoire à première vue est en réalité plus que suffisante pour vivre au quotidien et permet même de profiter de loisirs nocturnes.

Je n’ai pas la prétention d’écrire là une page de Lonely Planet mais juste de citer quelques lieux.

Pour les grosses fringales qui n’ont pas peur de la mal bouffe :

Si vous avez envie de dévorer une énorme assiette de nourriture non indienne plusieurs choix s’offrent à vous :
-Le pub le Bennigans, un pub Irlandais tenus par des Coréens à Greater Kaylash 2, M Block Market.
Bon la bière n’y a rien d’Irlandaise, de la Kingfisher pour ne pas être original. Mais on y mange plutôt bien ou plutôt “beaucoup”, mais on se lasse vite des plats très lourd et gras proposés.
Au menu d’énormes salades, pâtes (trop) pleines de sauce, steak (oui du bœuf) et gros desserts bien lourds à l’Américaine qu’ils faut être à 4 pour réussir à le finir.
L’avantage de ce pub/restau est qu’il propose des soirées à thème plutôt sympathiques, Karaoké le mercredi, soirée quizz le jeudi, open bar boite le vendredi.
Pour une soirée boisson+repas comptez 500Rs (7,5€) maximum.

sortir à delhi
Soirée Karaoké

-le très chic restaurant chinois: Chinese Garden:
Voilà le restau le plus cher auquel j’ai mangé en Inde. Eau minérale+ Entré+plat (pas de dessert car nous n’avions plus faim)=800Rs par personne (12€).
Pour y entrer il faut être un minimum bien habillé mais l’accueil est à la hauteur de leurs exigences vestimentaires: raffiné, serviable, cuisine extrêmement fine.
Du thé est servi à volonté à votre arrivée, une assiette de starter sous forme de légumes croquants vous est offerte.
Lorsqu’un serveur prend la commande un autre est là pour vous conseiller (sans vous poussez à la consommation au contraire, le serveur nous a même conseillé de ne prendre qu’un plat de noodles pour deux car comme dans tous les restau en Inde les portions servies sont très copieuses).
Le seul inconvénient de ce restaurant est que l’on se sent observé tout au long du repas. En effet, les serveurs s’arrangent pour que votre verre d’eau ne soit jamais vide et accourent pour vous resservir dès que votre assiette se vide.

Toujours à GK2-M Block Market, vous pouvez trouver sans peine un restau selon vos envie, le market regorge de restaurants de toutes sortes (Chinois, Italien, Punjabi…). Il faut dire qu’il est situé dans un quartier chic et que quand la clientèle n’est pas exclusivement expat’ (oui c’est déjà arrivé) c’est la jeunesse dorée de Delhi qui s’y retrouve.

Envie de manger Japonais
l :
-le YumYum Tree à New Friends’ Co, Main Market. Un restau Japonais/Chinois
Allez-y le mardi soir en réservant. Au menu pour 750Rs (une vrai fortune pour un restau Indien 12€), Starters à volonté (sushis, diverses délicieuses salades…), entrée délicieuse, plat succulent, et desserts également à volonté (ah oui bière à volonté aussi).

Si vous voulez juste aller boire un verre :

-Le Morrison Cafe, à South Extention, Main Market où ,comme son nom l’indique, le DJ ne mixe pas de grands classique bollywoodiens mais plutôt du « vieux » rock en souvenir de nos années collèges (de P.O.D à Papa Roach en passant par Oasis et Rage Against the Machine).
De temps en temps des soirées spéciales y sont organisées (Drum’N’Bass…)
L’ambiance est plutôt sympa, ça défoule. Contrairement à ce que pensent certains lecteurs qui m’envoient des mails d’insulte par que j’ai osé allé dans ce genre d’endroit, il ne s’agit pas d’un bar rempli de p**** d’expat bobo (je dois cette prose à un de mes lecteurs) , la majorité de la clientèle est indienne, des p***** de jeunes rockers indiens avec qui il est très agréable d’échanger. .
Comptez 300Rs pour un cocktail, moins pour une bière. On peut y manger mais d’après ce qu’on m’a dit ça reste cher et très épicé (j’ai jamais goûté).

Les soirées expat de l’Urban Pind et leur principe plus que contestable :
-les soirées « Expat’ Branchouilles » à l’Urban Pind, GK1, N Block Market.
Attention, le principe de ces soirées est contestable, à savoir que les indiens ne sont pas admis, ce qui me choque énormément. On peut être un jeune occidental ayant envie de faire la fête mais quel est l’intérêt d’exclure la population locale ? Ma vision de l’expatriation est qu’elle est le meilleur moyen de s’ouvrir l’esprit et non un moyen de se faire de l’argent sur le dos des locaux en vivant sa petite vie avec des œillères.
Le principe donc, les expatriés viennent boire comme des trous pour 700Rs toute la soirée (le jeudi) et danser sur de la musique bien trop forte avec pour toile de fond des murs décorés de sculptures du kamasutra.
Les indiens, eux, n’ont pas le droit de passer la porte à moins de montrer patte blanche( c’est-à-dire de venir accompagnés de blancs)
A l’intérieur les mêmes indiens n’ont pas le droit au bracelet « open bar » et payent leurs consommations à prix d’or, bref un principe à vomir…
Bien sûr comme dans tous les endroits dis branchés évitez les tongs et chemise hawaïenne à l’entrée.

Pour résumer, d’excellentes soirées pour en moyenne 500Rs (7,5€)
Il faut savoir que tous ces bars et restaurants sans exceptions ferment leurs portes à 1h du matin. Il faut ensuite trouver un rickshaw qui accepte de te faire monter, toi et tes, au moins, quatre potes, dans son petit triporteur. Après 23h, leur tarifs augmentent de 25%, sans compter la sur-tarification « couleur de peau et sur-nombre » (mais je vous assure que prendre le rickshaw à plus de 5 c’est marrant).
Enfin on ne peut pas leur en vouloir d’essayer d’en profiter.
En effet, la nuit, quand on rentre de nos soirées passées à avoir dépensé nos roupies sans trop y faire attention on se rend compte à quel point la vie est facile pour nous. Tout au long de la route, sur les trottoirs, se sont des centaines de personnes qui sont allongés, des familles, des chauffeurs de rickshaw dorment sur le toit de leur véhicule, des conducteurs de camion sous leur remorque, des petits commerçants sur leur charrette…

Ecrit le 13 mai 2009 par helene  |  4 commentaires »

Au moins deux fois par jour je dois prendre le taxi pour me déplacer. Mais attention pas n’importe quel taxi, je ne parle pas ici des véhicules de « Delhi Police » (oui il y a une agence de taxi qui s’appelle Delhi Police, ça pourrait être trompeur…) mais de l’auto-rickshaw, un des symboles de l’Inde.

rickshaw

C’est donc dans ces engins aux couleurs jaunes et vertes de Delhi (les couleurs changent d’une ville à l’autre) que je monte un peu moins de deux heures par jour (à quelques embouteillages près) pour me rendre au travail.
Et malgré le fait que l’on soit en première ligne pour respirer les gaz d’échappement et la dense poussière, que l’on doit supporter l’air brulant (il fait 45° aujourd’hui à Delhi) qui nous hâpe lorsque nous roulons, j’adore prendre l’auto-rickshaw. Ça permet d’observer un tas de choses et puis j’adore la façon « mario kart » qu’on les chauffeurs de conduire.

enfant inde

Les aventures d’un passager de rickshaw commencent par l’approche du rickshaw-walla*. Enfin quand on est blanc c’est bien souvent eux qui nous approchent, flairant la bonne affaire.
En effet avant de monter dans l’engin il faut négocier sa course et bien souvent ils essaient un peu de faire une marge de quelques dizaines de roupies supplémentaires.
Il y a trois mois je ne connaissais pas les prix et me faisais bien avoir parfois.
Tous les matins il fallait que je bataille pour avoir mon rickshaw à moins de 200Rs (Sarita Vihar- Noida sector 64 en vaut moins de 150). La première semaine je me souviens avoir payé 220Rs ce qui a bien fait rire les filles au bureau. Mais depuis je ne me laisse plus faire et arrive bien souvent à imposer mes prix. La technique est assez simple : avoir l’air sur de soi !

Quand on leur demande le prix « kitné ?** » souvent ils répondent un prix hallucinant parce qu’on est blanc. Le mieux est, avec le sourire, de leur répondre « né… tourist né bhai-ya***» ou encore « Nééé I live here know the price » et ce qui marche souvent pour imposer son propre tarif est dire « I know it’s a good price ».
Il faut voir ça comme un jeu et ça devient rigolo.

enfant inde

Enfin ça ne m’a pas empêché de m’être fait trop arnaqué le weekend dernier. Pour me rendre à un marché dans Delhi je suis tombée sur un rickshaw-walla qui n’a pas négocié le prix mais m’a dit de payer au “meters” (compteur kilométrique obligatoire sur tous les rickshaws mais très peu utilisé en fait, avec ce dernier il faut compter environ 5Rs du kilomètre d’après mes calculs) donc nickel ok je monte dans le Rickshaw, le conducteur, qui ne parlait pas un mot d’anglais, c’est trompé de route plus ou moins volontairement donc détour, donc augmentation du tarif au compteur. De plus, il n’avait pas mis son compteur à zéro lorsque nous sommes montés dedans.
Résultat à l’arrivée il a voulu nous faire payer 170Rs pour un trajet qui en vaut 60. Super malade ce jour là et donc ayant très peu de patience j’ai un peu haussé le ton, j’ai sorti quelques billets de ma poche les ai compté et lui ai fait croire que de toute façon je n’avais pas plus et suis partie.
Enfin ce genre d’arnaque ne m’est arrivé qu’une fois et c’était aussi la première fois que j’avais à m’énerver sur un rickshaw-walla qui sont pour la plupart assez paisibles et honnêtes.

Une autre fois, lors de la négociation un chauffeur m’avait demandé 500Rs pour aller au boulot parce qu’il n’avait pas le permis pour aller à Noida (qui n’est pas dans le même état que Delhi mais en « Youpi » soit UP ou encore Uttar Pradesh).
Mais cela avec un sourire jusqu’aux oreilles pas crédible du tout. Depuis à chaque fois que je le croise, il me dit « namaskar Madame » et il un matin il m’a même transporté jusqu’à un autre rickshaw (qui a lui le permis pour Noida) sans que je lui demande rien et sans me demander une roupie, juste pour me rendre service, ça fait plaisir les matins comme ça !

Niveau tarif, il faut aussi savoir que le prix est négocié pour la course et non par nombre de passagers. Bon à trois dans un rickshaw c’est le maximum pour un minimum de confort (même si les indiens y montent à 10.. mais ils sont fous ces indiens). Cela dit je suis déjà monté avec 4 amis (trois assis derrière, un sur leurs genoux et un à coté du conducteur), c’était marrant mais on ne fait pas ça tous les jours.

enfant inde

Je conclurai en vous renvoyant sur le superbe projet de Solhimal et de quelques élèves de mon école (l’ENSIB) qui ont pour objectif la construction de rickshaw « développement durable» à Gurge au Népal. Permettant aux conducteurs de posséder leur propre véhicule grâce au micro-crédit, des véhicules conçus en matériaux composites en France et fabriqués au Népal.

*Rickshaw-walla= conducteur (voir pilote de l’extrème dans certain cas) de rickshaw.
**kitne= combien
*** bhai ya= frère

Quelques liens:
The Rickshaw Run
Carnet de Rickshaw
Les Rickshaws Solaires débarquent en Inde

Ecrit le 3 mai 2009 par helene  |  6 commentaires »

Je vais tenter de répondre à la question posée par mhd, qui me demandait si la religion était omniprésente ici.
Bon, je ne suis là que depuis un peu plus d’un mois donc je n’ai pas le bagage suffisant pour écrire une thèse mais je peux quand même donner mes impressions.

La religion majoritaire en Inde est, vous l’aurez deviné, l’Hindouhisme mais il y a aussi des musulmans (j’ai pu le constater à Ajmer) et des sick enfin des sikhs et des bouddhiste et des chrétiens, et des jains et des juifs et des parsis…
Je vais ici surtout parler de des hindous.

Donc voilà quelques petits trucs que j’ai remarqué :

Mes journées commencent par ¾ d’heure d’auto-rickshaw tous les matins et se termine de la même façon.
Cela a l’immense avantage de faire de moi une observatrice privilégiée des us et coutumes delhites (ça veut dire de Delhi… comme berruyères pour « de bourges ») et du paysage religieux.

Dans presque tous les rickshaws, devant le volant, on trouve des portraits de la trinité hindou (trimûrti) Krishna et Shiva, Brâhma et vishnou .
J’ai aussi remarqué que mon chauffeur de rickshaw fait régulièrement une sorte de signe de croix hindou lorsque qu’il passe devant un monument le soir (bon comme il fait noir et que l’éclairage public c’est pas trop ça, j’ai toujours pas réussi à voir ce que c’était exactement).
Il m’est aussi arrivé d’avoir un chauffeur de rickshaw qui « bénissait » l’argent que je lui donnai en l’apportant sur son front.

Bref pour en revenir à mes pérégrinations, le long de la route je peux aussi observer pas mal de statue de Ganesh le dieu à la tête d’éléphant. J’adore ces statues colorées un peu kitch, j’en ramènerai bien une pour mon jardin. Le problème est que, bien souvent, sur ces statues on trouve des croix gammées, mes voisins risqueraient de peu apprécier.
Il faut savoir qu’ici les croix gammées ou « svastika » en sanskrit (« ce qui apporte la bonne fortune, ce qui porte chance ») n’ont rien à voir avec le symbole nazi. On en trouve vraiment partout, il y en a sur la façade de mon entreprise par exemple, sur les voitures, sur les murs le long des trotoirs.
Ce symbole est lié à Brahma et est une sorte de porte bonheur.

Pour ce qui est des statuette de divinité, j’en avais posée sur le muret devant mon appart quand je suis arrivée, comme pour devant la pluspart des maisons. Sa tête a mystérieusement disparue, vous croyez qu’on me veut du mal ;-) ?.

Le long de la Mathura road (que j’empreinte tous les jours), on aperçoit pas mal de petits temples hindous ou de simples hôtels abritant des statues de divinités recouvertes de fleurs offertes par les adorateurs.
On trouve d’ailleurs des vendeurs de ces fleurs, oranges et blanches, installés par terre à tous les coins de rue ou presque.

Au niveau des personnages religieux, il m’arrive de croiser quelques Sadhus errant sur les routes, souvent aux cheveux longs dans leur robe orange parée d’amulettes. Ils ont renoncé à tout bien matériel. Il y en avait pas mal à Pusjkar, ville sacrée même si on m’a dit de me méfier des faux saddhus, simples mendiants qui essaient de se faire de l’argent facilement.

Fin du trajet en rickshaw, parlons maintenant un peu des habitudes de mes collègues, des filles notamment.

Tous les jours ou presque Joyti, responsable RH nous envoie la pensée du jour bonjour, qui, bien souvent, est liée à la foi. La dernière en date concluait de cette façon : “I hope these words can help you see that GOD will never give up on you…” (si certains veulent méditer sur les pensées du jour faites-moi signe je transmettrais les mails).
De même une amie indienne, hindou qui a été élevée dans une école chrétienne à Calcuta, m’écrit souvent dans ses mails “thanks to god” ou des trucs comme ça.
Les références à Dieu sont donc assez omniprésentes, beaucoup croient en la présence d’une super puissance qui veille sur nous.

Il arrive également à mes collègues de jeûner. Dans ce domaine les pratiques sont très diverses, ça dépend un peu des croyances de chacunes et de leur divinité favorite.
Beaucoup d’indiens du nord jeûne le jeudi. C’est le cas de Shweta qui se contente de quelques fruits. Le jeûne est assez libre en fait, le tout et de se fixer un objectif et de s’y tenir.
En ce moment, Meenakshi, une autre collègue, est en plein milieu de ses 9 jours de jeûnes pour Navrati (fête religieuse qui célèbre l’énergie féminine divine).

Toujours dans le domaine de la nourriture je suis obligée de parler de la vache sacrée. La plupart des indiens, même non végétarien ne mange pas de bœuf comme vous le savez. La vache, ou le zebu (vache à bosse qu’on croise presque plus que les simples vaches), représente la relation fondamentale que l’hindou entretient avec la nature. Elle permet aussi aux morts de traverser le fleuve qui le sépare du paradis.

Ses bestioles errent donc à leur gré dans les rues où les ont laissé leur propriétaire. En effet, il est plus rentable de les laisser se nourrir dans les poubelles que de leur fournir du foin.

Pour finir voilà le temple du lotus de Delhi.

temple lotus

Un lieu de méditation pour toutes les religions où l’on considère que dieu est unique.

Ecrit le 29 mars 2009 par helene  |  9 commentaires »